Depuis le 8 septembre, Roland-Garros troque son ocre contre le bleu pour accueillir l’Alpine Paris Major, un tournoi majeur de padel. Si la compétition attire les meilleurs joueurs et joueuses ibériques et argentins, les Français restent pour l’instant loin des sommets, avec seulement quatre représentants dans le top 100. Reconnu comme sport de haut niveau par le ministère depuis peu, le padel français connaît pourtant une forte poussée : 106 000 licenciés, environ 500 000 pratiquants et 3 200 pistes réparties dans 1 000 clubs. Mais le retard est criant face à l’Espagne (17 000 pistes) ou l’Italie (10 000). « Il faut booster le padel, qui est un phénomène », insiste Gilles Moretton, président de la FFT.
Investir pour rattraper l’Europe
Pour accélérer le mouvement, la Fédération a lancé l’opération Boost Padel. Objectif : débloquer 85 millions d’euros sur dix ans pour financer la construction de 500 nouvelles pistes, avec des prêts à taux zéro. Les clubs candidats devront présenter un projet solide, soutenu par leur collectivité, et s’engager à limiter les nuisances sonores, source fréquente de litiges avec le voisinage. En parallèle, la FFT mise sur la formation. Un centre national d’entraînement a ouvert à Vichy pour accueillir douze jeunes espoirs de 12 à 17 ans. « On a besoin de créer très vite une génération padel », martèle Moretton.
Une filière encore en construction
Le chantier reste immense : seulement 1 800 enseignants spécialisés, contre 11 000 en tennis, et peu de visibilité médiatique par rapport à la petite balle jaune. « Aujourd’hui, les jeunes s’identifient davantage à Alcaraz ou Sinner qu’aux joueurs de padel », regrette Johan Bergeron, n°2 français. La route sera longue, mais l’espoir est de voir émerger quelques joueurs capables d’atteindre le top mondial. Sans rêver d’une armada tricolore dans le top 100, les dirigeants visent au moins trois ou quatre Français présents régulièrement dans les grands tableaux d’ici cinq à six ans.