Le Pakistan défend sa gestion des inondations après la mort de plus de 270 personnes dans le nord-ouest
Le Pakistan défend sa gestion des inondations après la mort de plus de 270 personnes dans le nord-ouest

Des pluies torrentielles ont déclenché de nouvelles crues éclair dans plusieurs régions d’Asie du Sud au cours du week-end, faisant des dizaines de victimes en Inde et au Pakistan. Dans le district de Buner, au nord-ouest du Pakistan, plus de 270 personnes ont perdu la vie depuis vendredi, selon les autorités locales, qui défendent désormais leur réponse face à ce qu’elles qualifient de catastrophe climatique soudaine et imprévisible.

Mohammad Suhail, porte-parole des services d’urgence, a indiqué que 54 corps avaient été retrouvés après des heures de recherches dans cette région montagneuse de la province de Khyber Pakhtunkhwa, frappée par de violents orages et des « cloudbursts » — de brusques et intenses précipitations. Plusieurs habitants restent portés disparus et les recherches se concentrent autour des zones où les torrents ont détruit des habitations, charriant d’énormes blocs de pierre qui se sont abattus sur les maisons comme des explosions.

Les autorités ont mis en garde contre de nouvelles inondations et d’éventuels glissements de terrain jusqu’à mardi. Depuis le début de la mousson le 26 juin, plus de 600 personnes sont mortes dans tout le pays. L’armée et les équipes de secours ont rouvert la moitié des routes endommagées à Buner, permettant l’acheminement de véhicules et de machines lourdes vers les villages isolés.

De nombreux habitants accusent cependant le gouvernement d’un manque d’alerte. Aucune consigne d’évacuation n’aurait été transmise par les haut-parleurs des mosquées, un système d’avertissement traditionnel dans ces zones reculées. Le gouvernement rétorque que l’averse soudaine était si violente qu’elle a frappé avant toute possibilité d’avertir la population. « Il n’existe nulle part dans le monde de système capable de prédire précisément l’heure et le lieu d’un cloudburst », a justifié Asfandyar Khan Khattak, directeur de l’Autorité provinciale de gestion des catastrophes.

Le général Inam Haider, président de l’Autorité nationale de gestion des catastrophes, a affirmé lors d’une conférence de presse que le pays subissait déjà 50 % de pluies supplémentaires par rapport à l’an dernier, en raison du changement climatique. Il a averti que de nouveaux épisodes météorologiques intenses pourraient encore survenir d’ici la fin du mois.

Parmi les drames recensés figure celui du village de Qadar Nagar, où 24 membres d’une même famille ont été emportés par les flots lors d’une crue survenue la veille d’un mariage. Le chef de famille, Umar Khan, a survécu car il se trouvait à l’extérieur de la maison au moment des faits, mais quatre de ses proches manquent toujours à l’appel.

Le Pakistan, particulièrement vulnérable aux catastrophes climatiques, avait déjà connu en 2022 des inondations historiques qui avaient causé près de 1 700 morts et détruit des millions de logements. Les experts soulignent que le pays, qui n’émet qu’une fraction des gaz à effet de serre mondiaux, paie un lourd tribut au réchauffement climatique, avec la multiplication des vagues de chaleur, des crues glaciaires et désormais des cloudbursts meurtriers.

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