La reine mère Sirikit de Thaïlande est morte à 93 ans
La reine mère Sirikit de Thaïlande est morte à 93 ans

La reine mère Sirikit de Thaïlande, symbole d’élégance et figure influente de la monarchie thaïlandaise, est décédée à l’âge de 93 ans, a annoncé samedi le Bureau royal de la Maison du roi. L’épouse du défunt roi Bhumibol Adulyadej, qui avait marqué l’histoire du pays par son charisme et son engagement humanitaire, s’était retirée de la vie publique depuis un AVC survenu en 2012.

Hospitalisée depuis 2019 en raison de divers problèmes de santé, elle a succombé à une infection sanguine survenue le 17 octobre. Le palais a décrété une période de deuil d’un an pour la famille royale, tandis que les administrations publiques mettront leurs drapeaux en berne pendant un mois. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a annulé sa participation au sommet de l’ASEAN à Kuala Lumpur en hommage à la défunte souveraine.

Une reine à la beauté légendaire et ambassadrice du style thaïlandais

Née en 1932, Sirikit Kitiyakara était la fille de l’ambassadeur de Thaïlande en France. C’est à Paris, où elle étudiait la musique et les langues, qu’elle rencontra Bhumibol, futur roi de Thaïlande. « C’était la haine au premier regard », racontait-elle avec humour dans un documentaire de la BBC, avant de reconnaître que leur histoire s’était rapidement transformée en amour. Le couple s’était marié en 1950, un an après leurs fiançailles.

Aux côtés de son époux, Sirikit a su incarner la grâce et la modernité. Elle a fasciné la presse internationale, notamment lors de sa visite d’État aux États-Unis en 1960, où Time la qualifiait de « svelte et féministe avant l’heure ». En collaborant avec le couturier français Pierre Balmain, elle a fait rayonner la soie thaïlandaise et contribué à revitaliser une industrie artisanale devenue aujourd’hui un symbole national.

Une vie consacrée au développement rural et à la nation

Durant plus de quarante ans, Sirikit a accompagné le roi dans les régions les plus reculées du pays, soutenant des projets de développement pour les populations rurales. Son action sociale, largement médiatisée, a contribué à renforcer l’image d’une monarchie proche du peuple.

Régente pendant deux semaines en 1956, lorsque Bhumibol s’était retiré dans un temple bouddhiste, elle est restée une figure respectée pour son rôle maternel et charitable. Son anniversaire, le 12 août, est devenu la Fête des mères en Thaïlande.

La reine mère n’a toutefois pas échappé aux controverses. En 1998, elle avait publiquement soutenu le Premier ministre Chuan Leekpai, et son apparition en 2008 à des funérailles de manifestants royalistes avait été interprétée comme un geste politique. Malgré ces épisodes, elle est restée une figure vénérée, dans un pays où la monarchie demeure protégée par des lois très strictes interdisant toute critique.

Un dernier hommage national

Samedi, de nombreux Thaïlandais vêtus de noir se sont rassemblés devant l’hôpital Chulalongkorn de Bangkok, où la reine mère est décédée. « Quand j’ai appris la nouvelle, mon monde s’est arrêté », confiait une habitante de 67 ans. Le gouvernement a demandé que les événements festifs soient adaptés à la période de deuil. Même les concerts du groupe K-pop Blackpink, où se produit la chanteuse thaïlandaise Lisa, se tiendront comme prévu, mais les spectateurs sont invités à s’habiller en noir et blanc en signe de respect.

Sirikit laisse derrière elle son fils, le roi Maha Vajiralongkorn (Rama X), et ses trois filles. Pour des millions de Thaïlandais, elle restera l’image d’une reine élégante, maternelle et profondément dévouée à son pays.

Que retenir rapidement ?

La reine mère Sirikit de Thaïlande, symbole d’élégance et figure influente de la monarchie thaïlandaise, est décédée à l’âge de 93 ans, a annoncé samedi le

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