L’UNESCO a officiellement inscrit au patrimoine mondial l’art rupestre de Murujuga, situé sur la péninsule de Burrup, dans le nord-ouest de l’Australie. Cette reconnaissance internationale, annoncée vendredi, marque une avancée majeure dans la protection de ces sculptures indigènes vieilles de 50 000 ans, menacées depuis des années par les activités industrielles alentour.
Le gouvernement australien a salué cette décision comme une victoire pour la préservation du patrimoine culturel des Premières Nations. « Le gouvernement australien est fermement engagé en faveur du patrimoine mondial et de la protection du patrimoine culturel des Premières Nations », a déclaré le ministre de l’Environnement, Murray Watt, dans un communiqué. « Nous veillerons à ce que ce lieu exceptionnel soit protégé aujourd’hui et pour les générations futures. »
Murujuga, également connu sous le nom de Dampier Archipelago, regroupe plus d’un million de pétroglyphes réalisés par les peuples autochtones depuis des millénaires. Ces œuvres retracent une histoire profonde, tant spirituelle qu’environnementale, de la présence humaine sur le continent australien. Pourtant, ces trésors archéologiques cohabitent avec l’un des pôles industriels les plus actifs du pays, comprenant des installations de production de gaz naturel, d’engrais et d’explosifs.
Ce contraste entre mémoire culturelle et exploitation économique avait alimenté de vives tensions au cours des dernières années, notamment avec les communautés autochtones, qui dénonçaient la détérioration progressive des œuvres en raison des émissions industrielles et des projets d’aménagement. L’inscription au patrimoine mondial intervient ainsi comme une réponse à ces inquiétudes.
Le processus de candidature avait été lancé en 2023 et a nécessité une mobilisation intense des autorités locales, des communautés aborigènes, de chercheurs et de militants environnementaux. Sa réussite représente un signal fort de l’Australie à la communauté internationale quant à son engagement à valoriser et protéger le patrimoine autochtone.
Cette reconnaissance implique désormais des obligations renforcées de conservation. Le gouvernement a assuré qu’il travaillerait de concert avec les représentants des Premières Nations et les acteurs industriels pour préserver l’intégrité du site, tout en garantissant son accès aux futures générations. La décision de l’UNESCO pourrait également freiner certains projets industriels à proximité du site, en imposant de nouvelles normes d’impact environnemental.