Trafic d’art: les douanes frappent plus fort, les saisies grimpent en 2025
Trafic d’art: les douanes frappent plus fort, les saisies grimpent en 2025

Dans les cartons qui traversent les frontières, il n’y a pas que des vêtements et des bouteilles de parfum. En 2025, la douane française annonce une hausse de 12 % de ses constatations dans le domaine des biens culturels, avec 25 070 objets interceptés au total. Le chiffre frappe, parce qu’il raconte un marché parallèle bien installé, celui des antiquités, des pièces archéologiques et même des fossiles, où la valeur grimpe vite et la traçabilité reste souvent floue. Derrière ces saisies, l’État met en avant un durcissement des contrôles et une coopération accrue entre services spécialisés, sur fond de soupçons récurrents: le trafic d’œuvres sert aussi de vecteur de blanchiment et nourrit des réseaux criminels transnationaux.

Des fossiles aux monnaies antiques, la contrebande change de vitrine

Des coups de filet récents donnent la mesure du phénomène. À Lille, lors du contrôle d’une exportation d’objets d’art vers le Royaume-Uni, les douaniers ont mis la main sur deux fragments de monuments et des bols d’origine iranienne, portant des inscriptions en arabe, pour une valeur estimée entre 106 000 et 137 000 euros, certains datant du XIIe siècle. Dans la même opération menée dans plusieurs villes (Lille, Amiens, Bayonne, Béziers, Sète), près de 3 000 objets ont été saisis. À Bayonne, une visite domiciliaire chez un suspect de fouilles illégales a permis de retrouver des épées et un couteau de la protohistoire et de l’Âge du bronze, au milieu de 402 objets archéologiques. À Béziers, une salle de ventes proposait « 2 000 objets archéologiques préhistoriques », notamment outils en pierre, fragments de céramiques et monnaies antiques en provenance d’Algérie, de quoi rappeler que le trafic sait aussi se glisser sous les lumières respectables des enchères.

Reste une question simple: que deviennent ces trésors saisis, une fois l’agitation retombée. Quand c’est possible, les pièces repartent vers leur pays d’origine au nom de « la préservation du patrimoine mondial » et les restitutions servent aussi de signal politique. Les autorités mongoles ont ainsi récupéré en décembre un « squelette complet de Tarbosaurus bataar », tandis qu’un sou d’or de Charlemagne a été remis à la Bibliothèque nationale de France. Le tableau est clair, les filières se modernisent, ventes en ligne et expéditions internationales en tête, et l’administration répond par la traque et la traçabilité: un bras de fer discret, où chaque colis contrôlé peut contenir un morceau d’histoire.

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