L’une des plus importantes galeries d’art de Thaïlande a supprimé des documents et œuvres évoquant le traitement des minorités ethniques et la situation à Hong Kong par le gouvernement chinois, à la suite d’une demande expresse de Pékin, ont déclaré à Reuters un co-commissaire de l’exposition et plusieurs sources proches du dossier.
Selon ces témoignages et des communications consultées par l’agence, des responsables de l’ambassade de Chine à Bangkok se sont rendus sur place pour exiger le retrait de certaines pièces. Les œuvres concernées étaient signées d’artistes tibétains, hongkongais et ouïghours, et faisaient partie d’une exposition consacrée aux régimes autoritaires dans le monde.
Des modifications ont été apportées aux présentations et aux cartels accompagnant les œuvres, afin de supprimer les références aux politiques de Pékin envers ces communautés. Les organisateurs ont confirmé que ces changements n’étaient pas motivés par des choix curatoriaux, mais par une pression diplomatique directe.
Un artiste tibétain participant à l’exposition a dénoncé une censure inacceptable. « Les musées sont faits pour le peuple, pas pour les dictateurs d’une quelconque idéologie », a-t-il déclaré, accusant la Chine d’étendre ses pratiques répressives bien au-delà de ses frontières.
Ni l’ambassade de Chine en Thaïlande ni le ministère chinois des Affaires étrangères n’ont répondu aux demandes de commentaires formulées par Reuters. Cette affaire relance le débat sur l’influence croissante de Pékin dans le domaine culturel à l’étranger, et sur les dilemmes auxquels sont confrontées les institutions artistiques dépendantes de financements ou de collaborations internationales.