La rétrospective consacrée à l’artiste britannique David Hockney, présentée depuis le 9 avril à la Fondation Louis Vuitton, se déroule dans un climat de polémique. Aucune affiche de promotion n’est visible dans le métro parisien. En cause : une cigarette visible sur le visuel officiel.
Une cigarette, un refus
C’est une photo de David Hockney, posant cigarette à la main à côté d’une de ses toiles, qui a déclenché l’affaire. La régie Mediatransports a refusé d’afficher cette image dans les couloirs du métro, invoquant la loi Evin, qui interdit toute représentation susceptible de faire la promotion du tabac dans l’espace public. L’artiste, outré, a dénoncé une atteinte à la liberté artistique : « D’entendre d’un avocat qu’une photo est bannie est suffisamment grave, mais qu’ils fassent une différence entre cette photo et une peinture me semble une folie totale. »
Une censure qui passe mal
Pour le commissaire de l’exposition, Norman Rosenthal, le refus de diffuser cette campagne relève d’un excès de zèle. Il y voit une atteinte à la liberté d’expression et un contresens artistique : « Faire face à la censure de cet ordre pour un poster promouvant une des plus grandes expositions de la génération dépasse l’entendement. Paris est la ville de la liberté et des révolutions. » Rappelons que l’artiste fume également sur certaines de ses toiles, sans que cela n’ait suscité de controverse. La Fondation Louis Vuitton, elle, maintient sa programmation, qui retrace 50 ans de création de ce géant du pop art.