Après une première escale à Bordeaux, où il a été accueilli par le centre d’art numérique « Bassin des Lumières », le spectacle Le Petit Prince : l’odyssée immersive s’installe à Paris jusqu’au 6 juillet, offrant une narration visuelle qui redonne vie au chef-d’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry à travers une expérience immersive mêlant art et imagination.
Depuis sa publication en 1943, Le Petit Prince, l’un des livres les plus vendus de l’histoire de la littérature, n’a cessé de voyager à travers des adaptations en cinéma, en bande dessinée ou encore en comédie musicale. Aujourd’hui, il investit un nouvel univers : l’Atelier des Lumières à Paris, connu pour ses immersions dans les mondes de Gustav Klimt, d’Astérix ou de Tintin. Mais le défi de transposer Le Petit Prince s’est révélé plus profond et plus délicat.
Contrairement à ces œuvres riches en illustrations, le livre de Saint-Exupéry ne contient qu’une quarantaine de dessins et aquarelles. Le studio Spectre Lab, en partenariat avec Start-Rec, a donc dû puiser dans son imagination pour créer un spectacle de vingt minutes qui restitue l’histoire et en capte l’essence et les grands thèmes.
Nicolas Charletan, directeur artistique de l’exposition, explique :
« Nous nous sommes beaucoup interrogés sur certaines scènes, comme celle du serpent, et même sur l’introduction, qui ne tient qu’en une phrase dans le livre, mais que nous avons transformée en une séquence de trois minutes », confie-t-il à Radio France Internationale.
« Il a donc fallu créer, plonger au cœur du texte. » La relation avec la rose, par exemple, a soulevé de nombreuses questions : comment la représenter ? « Comment lui offrir une relecture sans trahir l’œuvre originale ? »
Une explosion de couleurs et de musique
Les traits simples de Saint-Exupéry sont toujours là, mais sublimés cette fois par une explosion visuelle de couleurs qui jaillissent dans toutes les directions pour bâtir un univers renouvelé autour du Petit Prince. L’équipe de production a bénéficié d’une grande liberté créative, soutenue par la confiance totale de la famille de l’auteur.
« Ils ont vite compris que notre objectif n’était pas de dénaturer l’œuvre, mais d’en proposer une lecture contemporaine », affirme Charletan.
« Ils nous ont accompagnés tout au long de la production, en nous fournissant des images haute définition, en ouvrant leur base de données et en répondant à toutes nos questions. »
L’expérience a particulièrement touché Thomas Rivière, petit-neveu de Saint-Exupéry, qui déclare :
« Avec les effets sonores et visuels, et cette impression que le sol se dérobe sous nos pieds, on vit véritablement une immersion totale. »
Il ajoute : « Le croisement de tous ces talents et de toutes ces idées fait de cette présentation une expérience unique.»
Il y a quatre-vingts ans, le Petit Prince murmurait : « On ne voit bien qu’avec le cœur. » « L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Et aujourd’hui encore, au milieu des images, de la musique et des effets visuels, cette sagesse résonne. Au cœur de cette profusion artistique, les messages purs du livre – sur la bonté, l’amitié, la soif de découverte et la préservation de la planète – brillent toujours aussi intensément. Non atténués par les lumières, mais au contraire ravivés.