Il fut d’abord conspué, surnommé « Pompidoleum », « le Monstre » ou encore « le Hangar de l’art ». Mais près d’un demi-siècle après son inauguration, le Centre Pompidou s’apprête à recevoir la reconnaissance ultime : son inscription au titre des Monuments historiques. Le ministère de la Culture a donné son accord, et la décision devrait entrer en vigueur en 2026. Conçu par Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini, l’édifice de métal et de verre aux tuyaux colorés a bouleversé le paysage parisien à son ouverture en 1977. Temple de l’art moderne et contemporain, il est aujourd’hui le troisième musée le plus visité de la capitale.
Un chantier colossal et une longue fermeture
Cette annonce intervient alors que le bâtiment entre dans une parenthèse douloureuse pour ses fidèles. Depuis septembre 2025, il est fermé pour une rénovation complète qui durera cinq ans. Les expositions continuent à voyager hors les murs, mais le site emblématique du quartier Beaubourg restera inaccessible jusqu’en 2030. La future protection patrimoniale donne un relief particulier à cette pause forcée. Ironie de l’histoire : présenté à l’origine comme un « anti-monument » assumé, le Centre Pompidou rejoint désormais la liste des édifices que la France choisit de préserver au même titre que ses trésors plus anciens. Avec ce classement, Renzo Piano lui-même se félicite de voir l’œuvre protégée pour les générations futures. En attendant sa réouverture, Beaubourg s’installe dans un entre-deux paradoxal : fermé au public, mais plus que jamais consacré comme un symbole incontournable du patrimoine français.