À quelques pas du tribunal d’Avignon, une exposition peu ordinaire s’installe dans le quotidien d’une brasserie. À partir de ce jeudi 24 avril, l’artiste nîmoise Julie Émile-Fabre y dévoile une trentaine de croquis réalisés lors du procès hors-norme des viols de Mazan, une affaire qui avait secoué la France à l’automne dernier. Pendant trois mois et demi, elle a dessiné sans relâche les visages et les postures des 51 accusés, des avocats, des magistrats, des journalistes, mais surtout celui de Gisèle Pelicot, devenue symbole de la lutte contre les violences sexuelles.
Une exposition engagée, au cœur du quotidien
C’est dans la brasserie de la rue Guillaume Puy, un lieu qu’elle fréquentait régulièrement avec d’autres journalistes pendant le procès, que ces dessins sont désormais visibles du public. À travers cette initiative, Julie Émile-Fabre ne cherche pas seulement à documenter un moment judiciaire : elle veut aussi donner à voir l’intensité humaine d’un procès éprouvant. Certaines de ses œuvres sont accompagnées de notes prises pendant les audiences, offrant une double lecture, graphique et émotionnelle, du déroulé des débats.
L’exposition restera visible jusqu’au 12 septembre, ouverte en semaine de 7h à 20h et le week-end jusqu’à 16h30. Un vernissage en présence de l’artiste aura lieu ce jeudi 24 avril à partir de 18 heures. Une manière sobre mais forte de continuer à faire vivre la mémoire de ce procès historique.