Eugène Boudin à l’honneur : un collectionneur dévoile son trésor au musée Marmottan
Boudin

Le musée Marmottan Monet rend hommage à Eugène Boudin, pionnier de l’impressionnisme, à travers une exposition exceptionnelle réunissant 80 toiles issues de la collection privée de Yann Guyonvarc’h, passionné du peintre normand.

Une passion devenue collection

Du 9 avril au 31 août 2025, le musée Marmottan Monet accueille une rétrospective inédite consacrée à Eugène Boudin, figure essentielle de la peinture pré-impressionniste. Cette exposition, intitulée Eugène Boudin – Une collection particulière, rassemble 80 œuvres issues de la collection de Yann Guyonvarc’h, entrepreneur français installé en Suisse, qui s’est découvert une fascination pour Boudin il y a une vingtaine d’années.

Le collectionneur raconte que tout a commencé lorsqu’il est tombé, par hasard, sur La Plage de Deauville dans une galerie à Maastricht. Le tableau, qui lui rappelait ses souvenirs d’enfance passés en Normandie, a déclenché chez lui une véritable obsession pour le peintre. Depuis, il a réuni plus de 300 œuvres, sans jamais en revendre une seule. Mathématicien de formation, autodidacte en art, il se définit comme un amateur « monomaniaque », prêt à parcourir le monde pour acquérir les tableaux du peintre honfleurais.

Boudin, maître des ciels et témoin de son temps

L’exposition retrace la carrière d’Eugène Boudin, de ses débuts sur les plages normandes aux rivages ensoleillés de Venise, en passant par les paysages bretons. Admiré par Claude Monet, qui le considérait comme un mentor, Boudin fut l’un des premiers à peindre en extérieur, grâce à l’apparition des tubes de peinture. Ses toiles, souvent dominées par de vastes ciels mouvants, témoignent d’un intérêt constant pour la lumière et les phénomènes météorologiques.

Parmi les œuvres marquantes présentées : L’Heure du bain à Trouville ou encore Réunion sur la plage, qui illustrent l’élégance des scènes balnéaires du XIXe siècle, et La Rade de Brest, une grande marine illuminée par des percées de soleil spectaculaires. Le parcours inclut également des vues de Venise, peintes lors des séjours tardifs du peintre dans la cité des Doges, où son style gagne en liberté et en éclat.

Commissariée par l’historien de l’art Laurent Manœuvre, cette exposition met en dialogue les œuvres de Guyonvarc’h avec celles du musée et d’autres institutions comme le musée André Malraux du Havre. Elle souligne l’apport décisif de Boudin dans l’émergence de l’impressionnisme, tout en révélant la richesse d’un regard tourné vers la mer, le ciel et les gens.

Un conseil pour les visiteurs attentifs : Boudin glissait souvent une petite touche de rouge dans ses compositions, un détail discret mais récurrent, à repérer tout au long du parcours.

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