David Hockney censuré dans le métro parisien pour une cigarette sur une affiche
David Hockney

Un détail en trop sur l’affiche de sa nouvelle exposition, et c’est toute la campagne qui s’écroule. À quelques jours du vernissage de David Hockney 25 à la Fondation Louis Vuitton, la RATP a interdit l’affichage de la promotion de l’événement dans le métro parisien. En cause : une photo de l’artiste, cigarette à la main, devant l’un de ses tableaux. Selon Mediatransports, régie publicitaire des transports publics, cette image enfreint la loi Evin, qui interdit toute publicité directe ou indirecte pour le tabac, y compris lorsqu’il s’agit d’art.

Un débat entre liberté artistique et encadrement publicitaire

L’artiste britannique de 87 ans s’est insurgé contre cette décision, qu’il juge « folle » et « lamentable ». « Ils refusent la photo, mais pas le tableau où je fume aussi ! », a-t-il dénoncé dans The Independent, critiquant l’arbitraire de l’interprétation juridique. Le commissaire de l’exposition, Sir Norman Rosenthal, s’est joint à l’indignation, parlant d’« une censure incompréhensible dans une ville qui se veut symbole de liberté ». Ce n’est pas la première fois qu’Hockney s’oppose aux restrictions liées au tabac : militant assumé, il déclarait encore récemment fumer depuis 70 ans et s’opposait à toute interdiction « infantilisante ». L’affaire rappelle d’autres précédents, comme l’interdiction en 2009 de l’affiche du film Gainsbourg, vie héroïque, elle aussi écartée du métro pour une volute de fumée jugée illicite.

Un artiste provocateur face aux règles du monde moderne

Cette décision, qui alimente le débat entre expression artistique et encadrement sanitaire, relance aussi une vieille tension entre Hockney et les institutions. Habitué des polémiques – il avait déjà essuyé une vague de critiques en 2021 après un logo contesté pour le métro londonien – le peintre persiste à revendiquer une liberté sans compromis. Reste à savoir si le public français se rangera du côté de la loi ou de l’artiste… en attendant, les couloirs du métro resteront vides de son image, mais non de la controverse.

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