Avec Terrains d'Héritage, Tonton Isma raconte le sport à travers les racines et la transmission
Avec Terrains d'Héritage, Tonton Isma raconte le sport à travers les racines et la transmission

Le sport se raconte souvent à travers les trophées, les records ou les performances. Avec Terrains d’Héritage, le photographe Ismaël Achi, connu sous le nom de Tonton Isma, choisit un tout autre point de vue. Pour sa première exposition personnelle, il s’intéresse à ce qui précède la victoire : les racines, les héritages familiaux, les territoires et les communautés qui façonnent les sportifs. Une démarche artistique où la photographie devient le point de départ d’une réflexion plus large sur l’identité et la transmission.

Présentée du 10 au 12 juillet à la Galerie Jaune, dans le 20e arrondissement de Paris, l’exposition met en scène plusieurs athlètes aux parcours différents, parmi lesquels Donsley Figino et Waly Bathily. À travers eux, Ismaël Achi cherche moins à célébrer l’exploit sportif qu’à comprendre ce qui pousse un individu à représenter une famille, un quartier ou un pays. Le projet s’articule autour de trois notions (la représentation, les racines et le peuple) qui donnent son sens au titre Terrains d’Héritage.

Une photographie au service du récit

Si l’image occupe une place centrale, l’auteur revendique désormais une posture plus large que celle du simple photographe. Il se définit avant tout comme un « storyteller », un créateur de récits capable d’utiliser la photographie, mais aussi la vidéo, le cinéma ou l’écriture pour raconter des histoires humaines. Son ambition n’est plus uniquement de produire des images, mais de construire des projets où plusieurs disciplines dialoguent autour d’une même vision.

Une approche qui se retrouve dans son écriture visuelle. Inspiré du clair-obscur, Ismaël Achi travaille essentiellement au flash afin de modeler la lumière et d’isoler les éléments essentiels de chaque scène. Les photographies, volontairement épurées et très contrastées, sont accompagnées de textes qui prolongent leur lecture et permettent au visiteur de comprendre le récit derrière chaque image. Le vernissage lui-même prolongeait cette logique narrative : les visiteurs étaient invités à venir avec un maillot de supporter avant d’être intégrés à une œuvre participative réalisée en polaroïd, rappelant que les supporters font eux aussi partie de l’histoire du sport.

Le premier chapitre d’un projet appelé à grandir

Pour Ismaël Achi, cette exposition ne constitue qu’une première étape. Terrains d’Héritage est pensé comme un projet évolutif qui devrait progressivement prendre la forme d’une galerie numérique, d’entretiens avec des sportifs, puis d’une série documentaire mêlant photographie, vidéo et cinéma. Son objectif est d’explorer, en France comme à l’international, la manière dont le sport participe à la construction des identités culturelles et des héritages collectifs.

Au-delà du monde sportif, le projet traduit également une évolution personnelle. il affirme vouloir développer des récits qui dépassent le cadre du sport pour interroger plus largement la transmission, les appartenances et la mémoire collective. Derrière chaque athlète, explique-t-il, se cache une histoire ; derrière chaque histoire, un héritage que chacun contribue à faire vivre. Une vision qui inscrit Terrains d’Héritage moins comme une exposition photographique que comme le manifeste d’une future œuvre documentaire au long cours.

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