À l’occasion de la grande foire d’art contemporain de Bâle, la ville déploie une riche programmation d’expositions satellites, de musées aux lieux plus inattendus. De Steve McQueen à Ser Serpas, tour d’horizon des temps forts de cette semaine artistique.
Steve McQueen et Ser Serpas au cœur des institutions bâloises
Au Schaulager de Münchenstein, Steve McQueen présente Bass, une installation monumentale imaginée comme un concert de basses sans musiciens. La performance sonore, rendue immersive grâce à un dispositif lumineux synchronisé, célèbre l’héritage musical de la diaspora africaine. Réalisée en 2024, cette œuvre explore l’intensité sensorielle du son et son pouvoir d’émancipation culturelle.
De son côté, l’artiste américaine Ser Serpas investit la Kunsthalle Basel avec Of my life, une exposition qui combine toiles, performances et vidéo. Entre couches picturales superposées et gestes chorégraphiés en collaboration avec un théâtre géorgien, Serpas offre un univers instable et poétique, traversé par la question de l’identité et de l’impermanence.
Des lieux insolites et des thématiques fortes
La Fondation Beyeler propose une double expérience : une rétrospective consacrée à Vija Celmins, figure majeure du dessin réaliste, et une installation de réalité virtuelle signée Jordan Wolfson. Tandis que Celmins expose près de 90 œuvres contemplatives inspirées de paysages naturels et astronomiques, Wolfson plonge les visiteurs dans un environnement virtuel interactif à deux, mêlant étrangeté et transformation du corps.
Le musée Tinguely, quant à lui, met à l’honneur Julian Charrière et ses recherches sur les océans. Avec Midnight Zone, l’artiste documente aussi bien la beauté que la menace qui pèse sur les fonds marins, notamment à travers des films tournés sous les glaces du Groenland ou dans des zones d’extraction minière du Pacifique.
Autre expérience décalée : la galerie Lo Brutto Stahl renouvelle son initiative en installant une exposition dans un aéroport privé, Air Service Basel. Tableaux, photographies et sculptures sont déployés entre les salons, les hangars et les pistes d’aviation, réunissant 29 artistes, dont Rafik Greiss et Manon Wertenbroek.
Enfin, le Basel Social Club fait son retour dans une ancienne banque du centre-ville. Conçu comme une alternative plus libre à Art Basel, cet événement mêle œuvres, performances, films et DJ sets, en mettant cette année les thèmes de l’économie et du commerce au cœur de sa scénographie.