Le fabricant français de cœurs artificiels Carmat, placé en redressement judiciaire, a annoncé ce mercredi avoir reçu une offre de reprise de la part de Pierre Bastid, président de son conseil d’administration depuis 2024. Cette proposition sera examinée par le tribunal de commerce de Versailles le 30 septembre prochain.
1,3 million injectés immédiatement
À travers sa société Hougou, Pierre Bastid, déjà actionnaire à hauteur de 17 % de Carmat, s’engage à verser sans délai 1,3 million d’euros. Une somme non remboursable, qui restera acquise à l’entreprise même si l’offre n’aboutit pas. Ce soutien intervient alors que Carmat, fondée en 2008 et cotée en Bourse depuis 2010, manque cruellement de liquidités. L’entreprise a précisé qu’en l’absence de solution, une liquidation judiciaire et l’arrêt de ses activités ne sont pas exclus.
Une société en grande difficulté financière
Carmat, conceptrice du cœur artificiel Aeson destiné aux patients en insuffisance cardiaque sévère, n’a pas réussi à lever les 3,5 millions d’euros de trésorerie nécessaires d’ici fin juin. Ni la campagne de dons lancée auprès des entreprises et particuliers, ni les démarches auprès de la Banque européenne d’investissement et des pouvoirs publics n’ont permis de combler le déficit. Fin 2024, la société avait déjà procédé à une opération symbolique : le rachat pour un euro de deux millions de ses propres actions à Airbus, l’un de ses actionnaires historiques, afin de rembourser une partie d’un emprunt contracté auprès de la BEI.
Reprise de cotation prévue
Carmat a également demandé la reprise de la cotation de son titre à la Bourse de Paris à partir du 21 août, suspendue depuis le 14 août dans l’attente de l’audience de mardi devant la justice commerciale. Les prochaines semaines seront donc décisives pour la survie de ce pionnier de la transplantation cardiaque artificielle.