Comme chaque année, le groupuscule d’ultradroite entendait défiler à Paris pour commémorer la mort d’un militant nationaliste en 1994. Mais face aux risques de débordements, le préfet Laurent Nuñez a enclenché la procédure d’interdiction.
Le préfet de police de Paris a annoncé ce lundi l’ouverture d’une procédure en vue d’interdire deux manifestations prévues samedi 10 mai dans la capitale : d’un côté, le traditionnel défilé du Comité du 9 mai (C9M), collectif d’ultradroite qui rend hommage chaque année à Sébastien Deyzieu, un militant nationaliste décédé après une manifestation interdite ; de l’autre, une contre-manifestation antifasciste organisée en réaction. Les deux cortèges devaient emprunter des itinéraires proches, faisant redouter à la préfecture de potentiels affrontements.
Fondé en 1994 par des membres du GUD et des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, le C9M organise chaque année un défilé revendicatif aux slogans explicitement nationalistes. En 2024, près de 1 200 militants vêtus de noir et arborant croix celtiques et drapeaux identitaires avaient défilé entre Port-Royal et la rue des Chartreux, ravivant l’inquiétude sur la résurgence de l’ultradroite radicale en France.
Une interdiction inédite en 2025 ?
Face aux polémiques de l’année passée, où la manifestation avait été maintenue par décision de justice au nom de la liberté de manifester, les autorités entendent cette fois prendre les devants. La préfecture évoque un « risque avéré de troubles à l’ordre public » en raison de la convergence des deux rassemblements aux idéologies opposées. Cette fois, l’interdiction pourrait être confirmée dans les heures à venir.
En parallèle, le ministère de l’Intérieur a rappelé sa consigne de fermeté contre les rassemblements d’ultradroite, dans un contexte de tensions croissantes sur fond de radicalisation politique et de multiplication des actions violentes.