Mort de Jean Pormanove - Non, ce n'est pas une blague: Gabriel Attal propose de diffuser les vidéos en noir et blanc après 30 minutes de visionnage. (AP/Michel Euler)
Mort de Jean Pormanove - Non, ce n'est pas une blague: Gabriel Attal propose de diffuser les vidéos en noir et blanc après 30 minutes de visionnage. (AP/Michel Euler)

Trois jours après la mort tragique de Raphaël Graven, mieux connu sous le pseudonyme Jean Pormanove, survenue en direct lors d’un live diffusé depuis près de douze jours, Gabriel Attal a présenté un ensemble de mesures pour lutter contre l’addiction aux écrans des adolescents et collégiens. L’affaire du quadragénaire, victime régulière de sévices filmés puis partagé massivement, a mis en lumière les dérives inquiétantes de certaines plateformes de streaming et alimenté le débat sur leur responsabilité.

Le drame de Jean Pormanove, révélateur d’un phénomène toxique

À Contes, dans les Alpes-Maritimes, un homme souffrant d’humiliations constantes diffusées en direct a perdu la vie de manière tragique. Ce décès en direct a déclenché une vive réaction politique : une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes du décès, tandis que les critiques se sont multipliées à l’encontre de l’Arcom) et de la plateforme Kick, jugée complice par son manque de modération. Gabriel Attal a dénoncé sur les réseaux sociaux les « réseaux sociaux devenus les jeux des cirques », qui transforment les jeunes en addicts de contenus chocs et ultra-violents.Des dépistages scolaires pour identifier l’addiction dès le collège

Pour prévenir ce phénomène, Gabriel Attal propose d’instaurer deux dépistages pour repérer l’addiction aux écrans : le premier à l’entrée du collège, le second en classe de seconde. Ces évaluations viseraient à permettre aux familles et aux professionnels de santé de mieux comprendre et agir face aux usages excessifs des jeunes.Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans et couvre-feu numérique adapté

Dans la même logique, Attal défend l’idée d’interdire strictement l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans. Pour les jeunes de 15 à 18 ans, il souhaite instaurer un couvre-feu numérique de 22 h à 8 h du matin. L’objectif : saisir la gravité de l’enjeu sanitaire et protéger la santé mentale des adolescents exposés trop tôt aux contenus en ligne.

Le « passage en noir et blanc » pour désactiver la dopamine

Parmi les propositions les plus originales, certains diront totalement inneficaces, figure l’idée de transformer l’image en noir et blanc après 30 minutes d’utilisation continue, afin de réduire les stimulations sensorielles. Pour Gabriel Attal, moins de couleurs signifie moins de dopamine et donc moins de comportements addictifs. Ce mécanisme viserait à désamorcer le circuit de récompense associé aux contenus visuels saturés.

Taxer les plateformes pour financer la santé mentale

Enfin, l’ancien Premier ministre souhaite que les plateformes payantes contribuent financièrement à la recherche sur les effets des écrans et à la prise en charge de la santé mentale des jeunes. Il propose une taxe de 2 % de leur chiffre d’affaires national pour alimenter un fonds dédié à ces enjeux, dans l’idée de responsabiliser les acteurs du numérique face aux conséquences sociales de leurs activités.

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