Invitée ce matin de la Grande Interview de Sonia Mabrouk sur CNEWS-Europe 1, Stéphanie Bonhomme, mère d’Elias, 14 ans, tué à la machette à Paris, a livré un témoignage bouleversant et un avertissement politique grave. Alors que la polémique continue autour des propos du Général Fabien Mandon (CEMA), qui affirmait au congrès des maires que la France doit « accepter de perdre ses enfants » en cas de guerre, la mère d’Elias renvoie l’exécutif à ses contradictions : avant de parler de champs de bataille, le pays est déjà incapable de protéger ses enfants dans ses propres rues.
« Avant le champ de bataille, c’est la rue qui tue » : un réquisitoire contre la faillite de la justice des mineurs
« Les parents vont perdre leurs enfants dans la rue avant de les perdre sur un champ de bataille », a courageusement déclaré Stéphanie Bonhomme, appelant les Français à lire le rapport accablant de l’Inspection générale de la justice consacré à la mort d’Elias. Un document qui expose une succession de dysfonctionnements de la justice des mineurs et la « chronique d’une mort annoncée ». Les deux adolescents mis en examen pour le meurtre de son fils, connus pour violences et vols, vivaient dans la même résidence malgré une interdiction de se côtoyer, et leur contrôle judiciaire avait été refusé au motif qu’ils avaient exprimé des « regrets ».
Pour la mère d’Elias, ces décisions incompréhensibles ont conduit directement au drame. Elle demande des explications aux magistrats, un dialogue, de la transparence. « La justice n’a pas protégé Elias. Nous savons qui l’a tué », répète-t-elle, appelant à une réforme imposant aux juges de recevoir les familles lorsque des défaillances sont établies.
Une parole qui dérange jusqu’aux médias : la mise en cause de Patrick Cohen
Ce n’est pas la première fois que Stéphanie Bonhomme pointe des défaillances. Sur le plateau de CNEWS au micro de Christine Kelly, elle avait déjà interpellé Patrick Cohen après une chronique mensongère. Le journaliste avait présenté la mort de son fils comme la conséquence d’un vol de téléphone, ce qu’elle dément catégoriquement. « Il établit un lien de causalité douteux, presque une justification implicite. C’est comme dire qu’une femme violée l’a été à cause de sa tenue ».
Une mise au point qui rappelle la précédente polémique autour du récit-fiction présenté par le même journaliste lors de l’affaire de Crépol et du meurtre du jeune Thomas Perotto. Dans les deux cas, le service public préfère travestir et minimiser les faits, ajoutant une violence supplémentaire à l’épreuve des proches.
« La justice restaurative est inaudible », au contre-pied des discours post-Bataclan
En dénonçant une « justice restaurative inaudible » et affirmant que « les assassins de mon fils ne sont pas humains », Stéphanie Bonhomme rompt avec le discours complice entendu le 13 novembre, dix ans après les attentats meurtriers terroristes du Bataclan. Pour la mère d’Elias comme beaucoup d’autres victimes, la violence du réel ne rentre plus dans le récit lissé que cherchent à imposer certains responsables politiques. Et pendant que le chef d’état-major des armées invite les parents à se préparer à « perdre leurs enfants », elle renvoie l’État à son échec quotidien : protéger d’abord ses enfants « dans la rue, en rentrant du cinéma, de l’école, du collège, du lycée, de leur entraînement de sport». Une réalité que ni les éléments de langage ni les discours naïfs ne peuvent masquer.