ELLE A DIT, ELLE A MENTI - Paris: l’amour des arbres selon Anne Hidalgo… et la réalité des tronçonneuses. (AP, Entrevue)
ELLE A DIT, ELLE A MENTI - Paris: l’amour des arbres selon Anne Hidalgo… et la réalité des tronçonneuses. (AP, Entrevue)

Depuis son élection à la mairie de Paris en 2014, Anne Hidalgo a fait de la végétalisation et de la protection des arbres un symbole fort de sa politique. Elle affirme régulièrement que Paris doit être une « ville verte » où les arbres sont chéris et multipliés. La semaine dernière, lors d’une manifestation d’agriculteurs à Paris contre l’accord de libre‑échange UE‑Mercosur, la maire de Paris a même exprimé sa consternation après qu’un arbre protégé a été abattu par des manifestants dans le XVIᵉ arrondissement, près de la Porte d’Auteuil, rappelant que « la colère et le droit de manifester n’autorisent pas un tel acte » et soulignant l’importance de protéger les arbres, bien commun des Parisiens.

Pourtant, la réalité sur le terrain est beaucoup moins idyllique. Depuis 2014, environ 36 000 à 46 000 arbres ont été abattus à Paris pour diverses raisons, révélant un contraste frappant entre les discours très protecteur de la nature d’Anne Hidalgo et les actes de la mairie.

Des abattages massifs malgré les avertissements et protestations

Bizarrement, il n’y a pas de chiffres officiels exhaustifs sur les abattages d’arbres dans la capitale  : la mairie de Paris ne publie pas de bilan global des arbres abattus depuis 2014. Les seules données disponibles concernent les arbres abattus pour raisons sanitaires depuis 2021, et elles ne couvrent ni les projets urbains, ni les chantiers, ni les effets des tempêtes. Pour évaluer l’ampleur réelle des abattages, il faut donc se baser sur une combinaison de sources publiques et de recoupements journalistiques.

Malgré l’absence de statistiques complètes, les analyses et estimations montrent qu’entre 36 000 et 46 000 arbres ont disparu à Paris depuis l’arrivée d’Anne Hidalgo au pouvoir, tous motifs confondus.

Environ 30 000 arbres abattus pour « raisons de sécurité »

La majorité des arbres retirés chaque année le sont officiellement pour des raisons sanitaires ou de sécurité. Paris compte environ 200 000 arbres en espaces publics, et chaque année, entre 2 000 et 3 000 arbres sont abattus parce qu’ils sont malades, dangereux ou menacent des infrastructures. Ces abattages sont selon la mairie nécessaires pour la sécurité, malgré la contestation de riverains qui réfutent cet argument. Depuis 2014, 27 500 à 33 000 arbres « malades » ou « dangereux » ont ainsi été abattus.

Les travaux urbains et chantiers provoquent une véritable hécatombe

Une part non négligeable des abattages des arbres est directement liée aux projets de rénovation, aux aménagements urbains et aux chantiers publics. Les exemples sont nombreux : la rénovation de la zone autour de la Tour Eiffel a entraîné la coupe d’une vingtaine d’arbres, tandis que d’autres réaménagements de places, de trottoirs ou de quartiers résidentiels ont provoqué la disparition inexplicable de milliers arbres. Selon les estimations, environ 1 000 arbres par an disparaissent à cause de ce type de travaux, ce qui correspond à 8 000 à 11 000 arbres abattus depuis 2014.

Les abattages liés aux événements climatiques

Les tempêtes et les orages exceptionnels ont également leur part dans la destruction des arbres parisiens. En 2025, par exemple, un violent orage a gravement endommagé entre 500 et 1 000 arbres, qui ont dû être retirés pour des raisons de sécurité.

Un bilan très contrasté avec l’image verte de la mairie

Anne Hidalgo continue de mettre en avant son objectif de 170 000 nouvelles plantations et son amour des arbres. Pourtant, ces plantations viennent souvent compenser les abattages, et il est clair que le bilan net pour le patrimoine arboré de la ville est beaucoup plus mitigé. Des dizaines de milliers d’arbres ont disparu depuis 2014, que ce soit pour des raisons sanitaires, pour des chantiers ou suite à des tempêtes, et les projets de végétalisation ne suffisent pas toujours à restaurer l’image d’une ville « verdoyante ».

Depuis 2014, Paris a donc perdu entre 36 000 et 46 000 arbres, toutes causes confondues. La communication de la mairie, qui vante l’amour des arbres et la végétalisation, contraste fortement avec cette réalité. Les abattages liés aux sanitaires, aux grands travaux et aux événements climatiques sont nombreux et visibles, et ils rappellent que, malgré les promesses, la ville ne cesse de voir disparaître des éléments essentiels de son patrimoine… Un patrimoine que Anne Hidalgo aura totalement « saccagé » selon ses détracteurs, plus impatients que jamais d’être aux élections municipales de 2026…

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