Le gouvernement nigérian aurait conclu discrètement une trêve avec Boko Haram depuis juin 2026, selon une enquête du New Humanitarian. L’accord aurait suivi la libération de 360 civils enlevés dans le nord-est du pays.
Depuis trois mois, le Nigeria et Boko Haram seraient liés par un cessez-le-feu secret. C’est ce que révèle une enquête du New Humanitarian, publiée le 9 septembre 2026, qui s’appuie sur trois sources indépendantes ayant des contacts au sein du groupe armé, dont certains proches de figures importantes de l’organisation.
La trêve aurait débuté en juin, à l’issue de négociations ayant permis la libération de 360 civils enlevés dans le village de Ngoshe, situé dans les contreforts des monts Mandara, près de la frontière avec le Cameroun. Ces villageois avaient été capturés en mars lors d’une attaque de Boko Haram contre une base militaire voisine.
Selon les informations rapportées, le gouvernement nigérian aurait versé cinq milliards de nairas, soit environ 3,7 millions de dollars, pour obtenir leur libération. Abuja dément catégoriquement avoir payé une rançon. Le New Humanitarian indique avoir contacté les porte-parole gouvernementaux, de la défense et de l’armée avant publication, sans obtenir de réponse. Les informations relatives au cessez-le-feu et au paiement n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
La trêve contraste avec la posture officielle du président Bola Tinubu, qui refuse publiquement toute négociation avec Boko Haram, classé organisation terroriste par les autorités nigérianes. En juillet, il annonçait le recrutement de 30 000 militaires supplémentaires et la création de quatre nouvelles divisions de l’armée. Pourtant, des tentatives répétées de dialogue auraient eu lieu en coulisses, selon des responsables sécuritaires, diplomates et médiateurs cités par le New Humanitarian. Ces précédentes initiatives s’étaient toutes soldées par un échec.
Deux sources avertissent que Boko Haram pourrait profiter de cette pause pour déplacer des équipements vers les monts Mandara, renforçant ainsi ses positions. Le chercheur spécialiste des conflits Malik Samuel tempère toute interprétation optimiste : « Il pourrait s’agir simplement d’un cessez-le-feu temporaire et tactique qui profite aux deux parties, mais qui ne modifie pas vraiment la trajectoire de la guerre. »
L’accord ne concerne pas l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), groupe rival opérant dans le nord-est du Nigeria et autour du lac Tchad. Les combats entre Boko Haram et l’ISWAP se poursuivent. Boko Haram mène des attaques et des enlèvements dans la région depuis 2009 et s’est depuis fragmenté en plusieurs factions.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.