Les autorités nigérianes ont interpellé le mois dernier un ressortissant mexicain soupçonné de diriger des laboratoires clandestins de méthamphétamine. Sa détention a conduit à la découverte d’une installation de production à grande échelle dans l’État d’Ebonyi, la troisième du genre attribuée à des Mexicains en quatre mois.
Arturo Carrera Loaiza, 40 ans, a été arrêté à l’aéroport international de Lagos alors qu’il tentait de quitter le Nigeria. Les agents de l’Agence nationale de lutte contre les drogues (NDLEA) ont trouvé sur lui des images numériques le montrant vêtu de ce qui ressemblait à une blouse de laboratoire, aux côtés d’équipements compatibles avec la production de méthamphétamine.
Les données de localisation associées à ces photos ont guidé les enquêteurs vers une propriété dans l’État d’Ebonyi. Sur place, ils ont saisi des produits chimiques et du matériel de fabrication de drogue. Une carte mémoire de vidéosurveillance retrouvée sur les lieux montrait une personne ressemblant à Loaiza portant une blouse de laboratoire bleue, ainsi qu’un homme nigérian supervisant l’évacuation de produits chimiques et d’équipements.
Des investigations complémentaires ont mené les forces de l’ordre vers une maison isolée dans une communauté voisine. Elles y ont récupéré des produits chimiques, des déshydrateurs, des condenseurs, un réacteur, des balances, des mélangeurs, des fûts, des brûleurs à gaz et un tamis contenant des traces de méthamphétamine. Aucune estimation de la capacité de production du laboratoire n’a encore été communiquée.
Loaiza nie toute implication dans la fabrication de drogue. Il affirme avoir été invité au Nigeria par un contact local pour un projet de restaurant, selon la NDLEA. Les enquêteurs soutiennent néanmoins qu’il aurait également recruté un compatriote mexicain pour travailler dans un autre laboratoire clandestin dissimulé dans une forêt de l’État d’Oyo, perquisitionné en juin. Quatre Nigérians avaient alors aussi été arrêtés.
Un mois plus tôt, en mai, la NDLEA avait déjà démantelé ce qu’elle décrivait comme un laboratoire industriel de méthamphétamine caché dans une forêt, interpellant trois ressortissants mexicains et sept Nigérians. Ces trois opérations successives dessinent le contour d’un réseau structuré cherchant à implanter des capacités de production sur le sol nigérian.
Le général Mohamed Buba Marwa, directeur de la NDLEA, a déclaré que ces opérations révèlent la volonté de groupes criminels internationaux d’établir des sites de production dans les forêts et les zones rurales du pays. « Le Nigeria ne sera pas autorisé à devenir un refuge pour les cartels transnationaux cherchant à délocaliser leurs laboratoires depuis d’autres juridictions vers nos forêts et nos communautés rurales », a-t-il affirmé.
Contrairement aux drogues d’origine végétale comme la cocaïne ou l’héroïne, dont la production est liée à des zones géographiques précises, la méthamphétamine est un produit de synthèse fabriquable partout où les produits chimiques et le savoir-faire nécessaires sont disponibles. Cette caractéristique facilite la montée en puissance rapide de groupes criminels organisés. L’Afrique de l’Ouest présente par ailleurs de vastes étendues forestières propices à l’installation de sites de production discrets, un attrait supplémentaire pour les syndicats mexicains. L’enquête de la NDLEA se poursuit, notamment sur les financeurs et facilitateurs présumés de ces opérations.

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