Les ministres des Mines du Botswana et de l’Angola se sont réunis vendredi à Gaborone pour discuter d’une coopération renforcée dans le secteur du diamant, alors que les deux pays d’Afrique australe envisagent une prise de contrôle de De Beers, la filiale diamantaire du groupe britannique Anglo American.
Le Botswana, qui détient déjà 15 % du capital de De Beers et assure environ 70 % de sa production annuelle de diamants bruts, considère l’entreprise comme un actif stratégique essentiel à son économie. La chute des cours mondiaux du diamant a toutefois fragilisé les revenus du pays, poussant ses dirigeants à envisager un rôle plus dominant dans la gestion du géant minier.
L’Angola, de son côté, avait initialement manifesté son intérêt pour une participation minoritaire avant de formuler une offre visant à acquérir une part majoritaire, suscitant la perspective d’une rivalité avec le Botswana. Selon un communiqué du ministère angolais des Mines, les deux ministres ont échangé sur « l’intérêt commun à acquérir des parts dans la multinationale De Beers », sans préciser la structure envisagée pour cette éventuelle alliance.
Le ministre botswanais des Mines, Bogolo Joy Kenewendo, a souligné l’importance d’une approche concertée entre les deux grands producteurs africains. « Cette année, la performance de l’industrie diamantaire et nos efforts de collaboration pour redonner de l’éclat à ce secteur sont au cœur des préoccupations de tous », a-t-elle déclaré. « En tant que producteurs majeurs, il est naturel que nous unissions nos forces pour maximiser la valeur de cette ressource. »
Les discussions, qui se sont déroulées à huis clos pendant une quarantaine de minutes avant une brève apparition devant la presse, ont également porté sur d’autres domaines de coopération, notamment l’énergie et la logistique. Les deux ministres devaient ensuite rencontrer le président du Botswana, Duma Boko.
Anglo American, maison mère de De Beers, a récemment mis en vente sa filiale pour un montant estimé à 4,9 milliards de dollars, dans le cadre d’une réorientation stratégique visant à concentrer ses investissements sur d’autres secteurs. Si le Botswana et l’Angola parviennent à s’entendre sur une offre commune, cette acquisition marquerait un tournant historique dans le contrôle africain de l’industrie diamantaire mondiale.