La guerre contre le M23 met à mal les finances publiques de la RDC, selon le FMI
La guerre contre le M23 met à mal les finances publiques de la RDC, selon le FMI

L’intensification du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo pèse lourdement sur les finances publiques du pays, a alerté mardi le Fonds monétaire international (FMI) à l’issue d’une mission à Kinshasa. Alors que les rebelles du M23 ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes stratégiques, notamment Goma en janvier et Bukavu quelques semaines plus tard, le gouvernement congolais doit jongler entre dépenses militaires accrues et chute significative des recettes fiscales.

Le FMI attribue ce déséquilibre budgétaire à plusieurs facteurs combinés : la fermeture des bureaux de perception dans les zones tombées aux mains du M23, et les exonérations fiscales appliquées aux produits alimentaires de base pour atténuer le coût de la vie. Ces mesures, bien que justifiées par les besoins de la population, ont engendré un « manque à gagner » important pour les finances de l’État, selon le communiqué de l’institution.

À cela s’ajoute une forte hausse des dépenses de sécurité. En mars, le ministère des Finances a doublé les salaires des soldats et des policiers, dans ce qui semble être une tentative de renforcer le moral des troupes face à l’avancée du M23. Cette réévaluation de la masse salariale intervient alors que les combats se multiplient dans une région riche en ressources minières comme l’or et le tantale, mais minée par des décennies de violences armées.

Le FMI indique avoir conclu un accord au niveau des services sur la première revue du programme triennal en cours avec le gouvernement congolais, dans le cadre de sa Facilité élargie de crédit (ECF). Cet accord, recalibré pour intégrer les nouvelles réalités du conflit, vise à maintenir la stabilité budgétaire tout en garantissant des marges de manœuvre pour financer les besoins humanitaires et sécuritaires les plus urgents.

Le soutien au programme économique reste conditionné à l’engagement du gouvernement à poursuivre les objectifs fixés, malgré les bouleversements liés à la guerre. Pour le FMI, cet accompagnement est crucial pour éviter un effondrement économique dans un pays confronté à la fois à une crise sécuritaire majeure et à des attentes sociales croissantes.

Le conflit entre le M23 et les forces gouvernementales ravive également les tensions régionales. L’ONU et plusieurs gouvernements occidentaux accusent le Rwanda de soutenir activement le M23 en lui fournissant des armes et des troupes. Kigali dément catégoriquement, affirmant n’intervenir qu’en réponse à des menaces posées par des milices hostiles proches de l’armée congolaise.

Dans ce climat de guerre prolongée et de rivalités transfrontalières, les perspectives économiques de la RDC demeurent extrêmement incertaines, malgré les efforts engagés pour maintenir un cadre budgétaire viable.

Partager