Bernard Antwi Boasiako, président régional du Nouveau Parti patriotique dans la région Ashanti, a été condamné lundi à vingt ans de travaux forcés pour exploitation minière illégale. Son parti dénonce un jugement politiquement motivé.
Il s’appelait « Chairman Wontumi » dans les cercles politiques ghanéens. Bernard Antwi Boasiako, l’une des figures les plus influentes du Nouveau Parti patriotique (NPP), principal parti d’opposition au Ghana, a été reconnu coupable lundi par un tribunal d’Accra d’avoir « cédé des droits miniers sans autorisation » et « facilité une opération minière non licenciée » via sa société Akonta Mining.
La peine prononcée, vingt ans de prison avec travaux forcés assortis d’une amende de plus de 10 000 dollars (environ 7 450 livres sterling), a visiblement sidéré le condamné, dont la stupeur était perceptible à l’énoncé du verdict. Boasiako avait nié les faits tout au long de la procédure.
Selon l’accusation, le politicien avait laissé deux individus, Henry Okum et Michael Gyedu Ayisi, conduire des activités minières sur la concession d’Akonta Mining sans l’aval du ministre des Terres et des Ressources naturelles. Il devient ainsi le premier responsable politique de haut rang à être condamné pour orpaillage illégal depuis que les autorités ont lancé une campagne de répression contre cette pratique en 2017.
Le Ghana est le premier producteur d’or du continent africain, mais l’orpaillage clandestin, désigné localement sous le terme « galamsey », a gravement pollué une large partie des cours d’eau et des terres du pays. Malgré des décennies de tentatives, y compris le déploiement de l’armée, les gouvernements successifs n’ont pas réussi à enrayer le phénomène.
Le secrétaire général du NPP, Justin Kodua Frimpong, a vivement contesté la décision de justice. « La lutte contre l’orpaillage illégal ne peut gagner en crédibilité uniquement lorsqu’elle cible des adversaires politiques à l’encontre desquels il n’existe aucune preuve de malversation », a-t-il déclaré devant la presse, affirmant que le juge avait écarté des « preuves manifestes » à décharge. Le parti a annoncé avoir engagé ses avocats pour contester la condamnation.
Du côté des défenseurs de l’environnement, la réaction est tout autre. Adib Saani, directeur exécutif du Jatikay Centre for Human Security and Peace Building, a salué une décision qui « envoie un signal fort : la responsabilité est indispensable si le Ghana veut protéger ses forêts, ses rivières et ses autres ressources naturelles ». Pour les militants écologistes, ce jugement pourrait dissuader d’autres élus et hommes d’affaires de financer l’orpaillage illégal.
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