Fabien Villedieu convoqué par la police après l’intrusion de Sud-Rail à Bercy (image cnews)
Fabien Villedieu convoqué par la police après l’intrusion de Sud-Rail à Bercy (image cnews)

Deux mois après une action coup de poing au ministère de l’Économie, le syndicaliste Fabien Villedieu, figure médiatique de Sud-Rail, est convoqué ce mardi matin par la police. Le 18 septembre dernier, il avait mené avec une centaine de militants une intrusion dans les jardins du ministère à Bercy, pour réclamer une taxation des plus riches.

Une action symbolique qui vire à la procédure judiciaire

Ce jour-là, les manifestants, venus de la SNCF, de la RATP et d’universités parisiennes, avaient pénétré dans l’enceinte du ministère avec des drapeaux et des fumigènes. L’opération, revendiquée comme pacifique, visait à dénoncer les mesures budgétaires du gouvernement et à exiger un impôt sur les hauts revenus et les grands patrimoines. Selon le syndicat, environ 300 personnes avaient pris part à cette action. Le ministère de l’Économie avait rapidement réagi en dénonçant une « intrusion illégale dans un bâtiment public », rappelant que la liberté d’expression ne saurait justifier une telle irruption dans un site classé sensible. Le parquet a ouvert une enquête pour « intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale », ce qui vaut aujourd’hui à Fabien Villedieu une convocation en audition libre au commissariat du XIIe arrondissement de Paris.

Un syndicaliste qui assume son action

Interrogé par BFM Business, le responsable de Sud-Rail s’est dit « serein », affirmant que l’action s’était déroulée sans casse ni heurts. Selon la préfecture de police, les manifestants avaient effectivement quitté les lieux dans le calme, une dizaine de minutes après leur entrée. Villedieu ironise même sur les suites judiciaires : « La seule chose qu’ils risquent de faire, c’est de donner un coup de projecteur sur nos revendications. » Dans un tract diffusé depuis, Sud-Rail assure que l’intrusion s’est faite « sans aucune violence » et dénonce une « criminalisation du mouvement social ». L’union syndicale Solidaires, dont fait partie Sud-Rail, déplore de son côté un « climat de répression antisyndicale » où les militants seraient de plus en plus souvent convoqués pour leurs actions collectives. À la veille de cette audition, Fabien Villedieu revendique sa ligne de conduite : celle d’un syndicalisme d’action directe, quitte à franchir les limites de la légalité. Pour lui, cette convocation illustre le refus du pouvoir d’entendre « le malaise social et le ras-le-bol général » qui traversent le pays.

Que retenir rapidement ?

Deux mois après une action coup de poing au ministère de l’Économie, le syndicaliste Fabien Villedieu, figure médiatique de Sud-Rail, est convoqué ce mardi

Partager