« Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système et tout le monde connaîtra mon nom. » Ces propos, attribués à Andreas Lubitz par une de ces anciennes petites amies, sonnent comme une sinistre prophétie, que le copilote a réalisée en allant crasher un Airbus A320 à Seyne-les-Alpes, dans les Alpes-de-Haute-Provence. C’était il y a 10 ans jour pour jour.
« Pour l’amour de Dieu, ouvre cette porte », supplie le pilote
Le 24 mars 2015, l’Airbus A320-211, opérant le vol 4U9525 de la compagnie Germanwings, décolle de Barcelone à destination de Düsseldorf avec 144 passagers. Dans le cockpit, le commandant de bord, Patrick Sondheimer, 34 ans, n’imagine pas un seul instant les sombres pensées qui animent son copilote. Alors oui, Andreas Lubitz semble détaché. Mais le commandant de bord ne s’en formalise pas : son copilote n’a jamais été très exubérant. Pris d’une envie pressante, il n’a alors aucune raison de ne pas laisser Lubitz seul aux commandes. Il est 10 h 28 et le pilote vient, sans le savoir, de sceller le sort du vol 4U9525.
Car voilà que l’Airbus entame sa descente à 1 000 m/mn ! Le pilote tente de rejoindre son poste. En vain. La porte, verrouillée de l’intérieur, refuse de s’ouvrir. Conscient du drame qui est en train de se nouer, il supplie Lubitz de le laisser entrer. « Pour l’amour de Dieu ouvre cette porte ! » Mais Lubitz semble déterminé à se crasher, comme le laisse supposer son absence de réaction à l’alarme qui signale la proximité du sol. Et l’avion de s’écraser à 10 h 40, à près de 700 km/h, dans le massif des Trois-Évêchés. Il n’y a aucun survivant.


Andreas Lubitz était traité pour des tendances suicidaires
Andreas Lubitz avait « réussi tous les tests médicaux, tous les examens techniques et de contrôle, il était 100 % apte à piloter un avion. Ses capacités techniques étaient excellentes, sans exception ».
Les propos tenus par le président-directeur général de la Lufthansa, au lendemain du crash du vol 4U9525, ont laissé sans voix… Difficile d’imaginer une seule seconde que Carsten Spohr parlait bien de cet Andreas Lubitz là, qui aurait un jour assuré à une amie que tout le monde connaîtrait son nom. Ce même Lubitz qui avait interrompu sa formation de pilote en 2008 pour d’obscures raisons de santé…
Lubitz était-il dépressif ?Le jeune homme aurait juste confié à une hôtesse souffrir de problèmes de vue. De quoi expliquer ce qui s’apparente à une folie suicidaire ? Des tendances suicidaires pour lesquelles il était traité, soit dit en passant. Pour son amie, « c’est parce qu’il a compris qu’en raison de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme capitaine et comme pilote de long-courrier, était pratiquement impossible » qu’il aurait intentionnellement provoqué le crash du 24 mars 2015 et tué 149 innocents.

Un crash qui coûte 277 millions d’euros
La compagnie aérienne a offert aux proches des victimes du crash « jusqu’à 50 000 euros par passager » pour faire face aux dépenses immédiates. Après une longue bataille juridique, compte tenu notamment de la particularité de l’accident ( suicide ), les indemnités finales reçues par les familles des victimes devraient s’étaler de 100 000 à 220 000 euros par plaignant, selon le degré de parentalité avec la victime. Aucun chiffre officiel n’a été communiqué.
Au total, le coût de la tragédie s’élève à 277 millions d’euros pour les assureurs. La somme donne le vertige. Pourquoi cette somme ? Elle comprend le coût de l’Airbus, les opérations de secours et de recherche, celles de nettoyage et de traitement du site, les frais juridiques et l’indemnisation des proches des victimes.
Le saviez-vous ?
- Depuis les attentats du 11 septembre 2001, tous les cockpits sont équipés d’une porte et de cloisons blindées pour empêcher l’intrusion de terroristes ou de déséquilibrés. Côté cabine, un digicode permet d’ouvrir la porte pour rejoindre le cockpit. Mais le dernier mot revient au pilote ou au copilote qui peut, malheureusement dans ce cas, en interdire l’ouverture.
- Andreas Lubitz devait renouveler sa licence de vol au mois de juin prochain. Souffrant de problèmes de vue, il risquait d’être recalé.
- L’indemnisation des victimes est un sujet aussi sensible que complexe. Il est réglementé par la Convention de Montréal de 1999, un document signé par 91 pays dont la France et l’Allemagne. En pratique, la somme versée dépend entre autres de l’âge et de la profession, ainsi que de la situation économique de la famille endeuillée ; la nationalité a aussi son importance, et un Américain touchera toujours plus qu’un Européen. La « faute » a un système juridique qui favorise les négociations. Dis-moi d’où tu viens, je te dirai combien tu vaux…
- Au lendemain du crash, une Allemande a eu le culot – ou plutôt l’indécence – de se faire passer pour la cousine d’une des victimes du crash… Cette « Madame Sans-Gêne » a profité des vols mis à la disposition des familles et des proches des victimes, afin qu’ils puissent se rendre sur les lieux du drame, pour voyager gratuitement… jusqu’à Seyne-les-Alpes. A-t-elle souhaité découvrir la France ? A-t-elle fait un circuit touristique une fois débarquée ? Non. Elle s’est rendue au mémorial des victimes et aurait même demandé à bénéficier du soutien aux familles…