L’activité physique pourrait soulager certaines douleurs aussi efficacement que des antalgiques courants, selon une vaste synthèse menée par des chercheurs de l’université d’Adélaïde. Leur travail a passé en revue 157 revues systématiques représentant plus de 220 000 participants. Les bénéfices observés concernent plusieurs formes de douleurs aiguës ou chroniques, mais les chercheurs insistent sur un point : l’exercice ne doit pas être présenté comme un substitut universel aux médicaments. Son efficacité dépend du type de douleur, de son origine, de son intensité et de l’état général du patient.
Dans les douleurs chroniques, le mouvement peut agir par plusieurs mécanismes. Il améliore la mobilité, renforce les muscles, réduit certaines tensions et peut modifier la manière dont le système nerveux traite les signaux douloureux. Pour les lombalgies, l’arthrose ou certaines douleurs musculosquelettiques, des programmes d’exercice adaptés sont déjà couramment utilisés. Dans d’autres situations, comme certaines migraines ou les règles douloureuses, une activité régulière peut diminuer la fréquence ou l’intensité des symptômes chez une partie des patients, sans pour autant garantir un effet comparable chez tout le monde.
Bouger oui, mais pas n’importe comment
La difficulté est de distinguer l’exercice thérapeutique d’un simple conseil consistant à « faire du sport ». Dans les douleurs persistantes, le programme doit souvent être progressif et adapté au problème rencontré. Une personne souffrant d’arthrose du genou ne suivra pas le même type d’activité qu’une patiente atteinte de dysménorrhée ou qu’un patient souffrant de douleurs cervicales. L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer immédiatement la douleur, mais d’améliorer progressivement la fonction, l’endurance et la tolérance au mouvement.
L’exercice ne convient pas non plus à toutes les situations. Une douleur brutale, inexpliquée, accompagnée de fièvre, de déficit neurologique ou survenant après un traumatisme nécessite d’abord une évaluation médicale. Même pour les douleurs chroniques, l’activité physique peut être utilisée en complément d’autres traitements plutôt qu’à leur place. L’intérêt de cette synthèse est surtout de confirmer que le mouvement ne doit plus être considéré uniquement comme de la prévention : dans certains cas bien définis, il peut faire partie intégrante du traitement de la douleur.

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