Dix jours après la mort de Quentin Deranque, la pression sur La France insoumise ne faiblit pas. À droite, mais aussi au sein d’une partie de la gauche, les appels à former un cordon sanitaire autour du parti de Jean-Luc Mélenchon se multiplient. Les Républicains en font une exigence explicite. L’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a demandé de « rompre définitivement » avec LFI. Jérôme Guedj, député PS et candidat déclaré à la présidentielle 2027, nuance cependant : en cas de duel LFI-RN au second tour des municipales, il dit « préférer voter pour le candidat LFI ». Au Sénat, la question de savoir si le mouvement reste dans le champ républicain demeure sans réponse tranchée.
Bompard confirme refuser toute exclusion d’Arnault
LFI ne cède pas pour autant. Manuel Bompard a confirmé que le mouvement d’extrême-gauche proposerait des accords de « rassemblement » à la gauche pour le second tour des municipales, tout en maintenant que Raphaël Arnault, dont deux anciens collaborateurs sont mis en examen dans l’affaire Deranque, ne serait ni exclu ni suspendu du groupe parlementaire. La direction insoumise distingue soigneusement responsabilité pénale individuelle et responsabilité politique collective. Cette position expose LFI à un isolement croissant à gauche, dans une séquence qui s’annonce déterminante à trois semaines du premier tour des municipales.