Des échauffourées perturbent l’audience de la Cour suprême israélienne sur la révocation du chef du Shin Bet
Des échauffourées perturbent l’audience de la Cour suprême israélienne sur la révocation du chef du Shin Bet

Le président de la Cour suprême israélienne a suspendu ce lundi une audience consacrée à un recours contre la décision du gouvernement, prise le mois dernier, de limoger Ronen Bar, chef du service de sécurité intérieure (Shin Bet).

La chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que le président de la Cour a interrompu la séance en raison d’échauffourées dans la salle d’audience, déclarant : « Il n’existe aucune cour au monde qui accepte de fonctionner ainsi… Ce qui se passe est grave, et l’État de droit exige une audience sans menaces. »

Le juge a ensuite décidé de reprendre la séance sans la présence du public.

Les médias israéliens ont confirmé que les heurts ont éclaté entre des partisans du Premier ministre Benyamin Netanyahou et ceux du chef du Shin Bet.

La sécurité du tribunal a expulsé Tali Gottlieb, députée du Likoud, après qu’elle a crié dans la salle.

L’ancien chef du Shin Bet, Yoram Cohen, ainsi que d’anciens responsables sécuritaires, étaient présents au tribunal pour soutenir Ronen Bar.

Opposition et soutien

Le ministre israélien de la Justice, Yariv Levin, a déclaré que « les cris dans la Cour suprême reflètent ceux de citoyens à qui des juges arrogants ont arraché leur droit de décider ». Le ministre de la Culture, Amichaï Eliyahou, a, quant à lui, estimé que « les scènes en provenance de la Cour suprême sont difficiles à regarder et sont le résultat d’un activisme judiciaire croissant depuis plusieurs années ».

La ministre des Transports, Miri Regev, a accusé les juges de la Cour suprême de « soutenir les manifestants violents qui perturbent les débats de la Knesset », affirmant que « l’hypocrisie est une ligne directrice claire dans le mode de fonctionnement de la Cour suprême ».

De son côté, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a déclaré : « Le gouvernement criminel de Netanyahou s’attaque à l’État de droit en semant le chaos à la Cour suprême. »

Des responsables politiques de l’opposition ainsi que des ONG ont contesté la révocation de Ronen Bar. La conseillère juridique du gouvernement israélien, Gali Baharav-Miara, a également critiqué la décision, la qualifiant de marquée par « un conflit d’intérêts personnel » de la part de Netanyahou.

La Cour suprême doit entendre les arguments concernant la légalité de la procédure suivie par Netanyahou dans la destitution du chef du Shin Bet, dans une affaire politique qui a déclenché une nouvelle vague de manifestations antigouvernementales.

Le mois dernier, Netanyahou avait déclaré avoir perdu confiance en Ronen Bar en raison de l’échec du Shin Bet à prévenir l’attaque du 7 octobre 2023. Cependant, la Cour suprême a émis une injonction temporaire contre sa révocation.

La décision de Netanyahou de limoger Bar a suscité de vives réactions de la part de l’opposition et a renforcé la mobilisation des manifestations antigouvernementales auxquelles ont participé des milliers d’Israéliens. Ces derniers accusent Netanyahou de saper les principales institutions de l’État et de mettre en péril les fondements de la démocratie israélienne.

Dans des lettres adressées au gouvernement et à la Cour suprême, Ronen Bar a affirmé que sa révocation n’avait pas été fondée sur des critères professionnels, qu’elle souffrait de conflits d’intérêts, et qu’elle envoyait un message inquiétant aux forces de l’ordre : on attend d’eux une loyauté personnelle envers le Premier ministre, et non envers l’État.

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