Salah Abdeslam aurait ciblé le domicile du directeur de sa prison: le parloir sans contact maintenu
Salah Abdeslam aurait ciblé le domicile du directeur de sa prison: le parloir sans contact maintenu

Le tribunal administratif de Lille vient de refuser d’assouplir les conditions de visite de Salah Abdeslam au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Le détenu, condamné à la perpétuité incompressible pour les attentats du 13-Novembre, demandait à recevoir ses proches au parloir sans dispositif de séparation. La justice administrative a validé le maintien du hygiaphone, qui empêche tout contact physique avec les visiteurs.  

L’adresse du directeur au cœur du dossier

L’administration pénitentiaire a produit de nouveaux éléments pour justifier cette mesure. Salah Abdeslam aurait demandé à un codétenu de lui trouver l’adresse du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil. L’objectif prêté au détenu : envoyer « deux ou trois gars » afin de provoquer « une catastrophe ». Ces propos, présentés comme menaçants par l’administration, ont pesé dans la décision du juge.  

Une menace formellement contestée

Salah Abdeslam nie les faits. Par la voix de son avocat, il conteste les propos qui lui sont attribués, les présentant comme faux ou gravement déformés. La défense estime que les éléments les plus lourds reposent sur des notes de renseignement et qu’ils auraient été mobilisés pour empêcher tout allègement de ses conditions de détention.  

Le précédent de la clé USB

Le hygiaphone avait été réimposé en novembre 2025, après une affaire de clé USB contenant de la propagande djihadiste. L’ex-compagne de Salah Abdeslam est soupçonnée de lui avoir remis ce support en détention et a été mise en examen dans une enquête antiterroriste. Depuis cet épisode, les conditions de visite du détenu font l’objet d’un bras de fer judiciaire entre sa défense et l’administration pénitentiaire.  

Un revirement après une première décision favorable

En avril, le tribunal administratif de Lille avait pourtant suspendu la décision maintenant les visites sous hygiaphone, au nom du droit au maintien des liens familiaux. Le juge avait toutefois laissé en place l’isolement du détenu. La nouvelle ordonnance du 10 juin change la donne : les éléments produits depuis par l’administration ont été jugés suffisants pour maintenir la séparation au parloir.  

Des visites toujours sous contrôle strict

L’administration pénitentiaire évoque une dangerosité persistante. Elle met aussi en avant le comportement de l’entourage du détenu lors de certaines visites, plusieurs proches ayant été soupçonnés de tentatives d’introduction de produits interdits. Pour l’heure, les parloirs avec hygiaphone sont maintenus, au moins jusqu’au 24 juillet.  

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