Le Piton de la Fournaise montre de nouveaux signes d’activité. Depuis le 17 septembre, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise enregistre une augmentation progressive du nombre de séismes sous la zone sommitale, passé de huit événements quotidiens à plus de dix-neuf au cours des trois derniers jours. Ces séismes restent de très faible magnitude, inférieure à 1, mais ils s’accompagnent d’une reprise de l’inflation de l’édifice observée depuis le début du mois d’août. Pour les scientifiques, cette déformation traduit une augmentation de la pression au niveau du réservoir magmatique superficiel. Une éruption reste possible, sans qu’il soit pour l’instant possible d’en prévoir le déclenchement.
Un nouveau réveil seulement quelques mois seulement après une séquence volcanique particulièrement longue. L’éruption commencée le 13 février 2026 avait d’abord ouvert quatre fissures avant de se concentrer sur le flanc est-sud-est du volcan. Après plusieurs semaines d’activité, elle s’était interrompue le 25 mars, puis avait repris le 28 mars. Une nouvelle pause avait été observée dans la nuit du 2 au 3 avril, avant un troisième épisode à partir du 8 avril. L’éruption s’est finalement achevée le 12 avril. Au cours de cette période, les coulées avaient atteint et coupé à plusieurs reprises la route nationale 2 avant de rejoindre l’océan, entraînant d’importantes restrictions d’accès et de circulation.
Un volcan qui peut se pressuriser sans entrer immédiatement en éruption
Les signaux enregistrés actuellement ne constituent pas encore les signes d’une remontée imminente du magma jusqu’à la surface. Le Piton de la Fournaise connaît régulièrement des phases de pressurisation de son réservoir superficiel qui peuvent se prolonger plusieurs jours ou plusieurs semaines. Elles peuvent aboutir à une crise sismique puis à l’ouverture de fissures, mais elles peuvent aussi s’interrompre sans éruption. C’est précisément ce que rappelle l’OVPF en appelant à suivre l’évolution conjointe de la sismicité, de la déformation du volcan et des émissions de gaz avant de tirer des conclusions sur la suite.
Le contexte récent incite néanmoins à une surveillance attentive. Même après la fin de l’éruption d’avril, les scientifiques avaient continué à enregistrer de la sismicité et des signes de remplissage du réservoir magmatique. Le 17 avril, un comité d’experts réuni par la préfecture estimait encore qu’une nouvelle éruption ne pouvait être exclue, ce qui avait retardé la réouverture complète de l’enclos. Le retour au niveau de vigilance n’avait finalement été décidé que le 7 mai, avec plusieurs restrictions maintenues dans les zones les plus exposées. Cinq mois plus tard, les nouveaux signaux ne signifient donc pas que le Piton de la Fournaise va entrer en éruption dans les prochaines heures, mais ils confirment que son système magmatique reste actif et susceptible d’évoluer rapidement. reunion.gouv.fr

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