Cette semaine, Entrevue vous fait vivre les suites du premier tour des élections municipales. Place désormais aux alliances, aux négociations et aux nouvelles configurations en vue du second tour qui se tiendra dimanche prochain.
Le débat d’entre deux tours organisé ce mercredi soir par BFMTV et Le Figaro entre Rachida Dati, Emmanuel Grégoire et Sophia Chikirou a nettement rebattu les cartes à Paris. Pendant plus de deux heures, la candidate LR et la députée LFI ont imposé leur rythme, multipliant les attaques, les relances et les propositions, tandis qu’Emmanuel Grégoire a souvent semblé sur la défensive, pris en étau entre ses deux adversaires.
Rachida Dati a marqué des points sur les questions de sécurité, de propreté, de logement et de fiscalité. Elle s’est notamment engagée à réduire la taxe foncière si elle est élue et a pilonné le bilan de la majorité sortante, accusant Emmanuel Grégoire d’être l’héritier direct d’Anne Hidalgo. La candidate de droite a également frappé fort sur le scandale du périscolaire, reprochant à son adversaire d’avoir été alerté à plusieurs reprises sans avoir pris la mesure du problème.
Face à elle, Sophia Chikirou a occupé une place bien plus centrale que ne le laissaient penser les rapports de force du premier tour. Très offensive, elle a cherché à apparaître comme la seule véritable opposante à Rachida Dati, tout en attaquant durement Emmanuel Grégoire sur son refus d’alliance avec LFI. Sur le logement, les transports, les campements de sans-abri ou encore le Parc des Princes, la candidate insoumise a su exister politiquement et installer ses thèmes dans le débat.
Emmanuel Grégoire, lui, a semblé subir la soirée davantage qu’il ne l’a menée. Attaqué sur son bilan à l’Hôtel de Ville, sur sa proximité avec Anne Hidalgo, sur le périscolaire et même sur certaines de ses déclarations de campagne, le candidat socialiste a souvent peiné à reprendre l’initiative. Sa stratégie consistant à renvoyer dos à dos Rachida Dati et Sophia Chikirou n’a pas vraiment inversé la dynamique, au point qu’il a paru par moments isolé sur le plateau.
Dans les derniers échanges, le candidat PS a tenté de remobiliser son électorat en affirmant que le prochain maire de Paris serait soit lui, soit Rachida Dati. Mais cette tentative de vote utile a été brouillée par une fin de débat plus favorable à ses concurrentes. Rachida Dati a conclu en appelant les Parisiens à choisir l’alternance, tandis que Sophia Chikirou a revendiqué le renouveau face à deux figures qu’elle a décrites comme usées.
À quatre jours du second tour, ce débat laisse donc l’image d’une campagne parisienne plus ouverte que jamais. Rachida Dati en sort renforcée, Sophia Chikirou y gagne en visibilité, et Emmanuel Grégoire apparaît fragilisé au moment même où il espérait asseoir son statut de favori.
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