JÉRUSALEM/SANAA – Israël a lancé des frappes aériennes contre la ville portuaire de Hodeidah, au Yémen, dimanche, après avoir averti les habitants d’évacuer trois installations portuaires contrôlées par les Houthis, selon une déclaration du ministère de l’Intérieur du groupe soutenu par l’Iran. Les attaques surviennent dans un contexte régional extrêmement tendu, à la veille d’une visite diplomatique très médiatisée du président américain Donald Trump au Moyen-Orient.
Les autorités israéliennes n’ont pas immédiatement commenté ces frappes. Selon les Houthis, les cibles comprenaient les ports de Ras Isa, Hodeidah et Salif, que Tsahal accuse d’être utilisés à des fins militaires par le mouvement rebelle chiite, notamment pour le lancement de missiles à longue portée et d’attaques de drones.
Les bombardements israéliens ont eu lieu quelques jours après qu’un missile houthi visant Israël a été intercepté, intensifiant encore les tensions entre les deux parties. Les Houthis affirment que leurs attaques contre Israël — missiles balistiques, drones armés et frappes contre des navires commerciaux — visent à exprimer leur solidarité avec les Palestiniens de Gaza, en pleine guerre.
En réponse, Israël a multiplié les frappes de représailles contre des sites militaires houthis au Yémen. La dernière opération semble marquer une escalade supplémentaire, alors que les autorités israéliennes justifient leurs actions par la nécessité de neutraliser des menaces directes contre leur territoire.
Cette offensive survient alors que l’administration Trump poursuit une stratégie musclée vis-à-vis des Houthis. Le président américain a autorisé en mars une campagne militaire accrue contre leurs positions, avant de soutenir un cessez-le-feu négocié par Oman. Toutefois, les Houthis ont précisé que cet accord n’incluait pas Israël, laissant entendre que les hostilités entre eux et l’État hébreu pourraient se poursuivre indépendamment des autres efforts de désescalade.
Le bombardement israélien à Hodeidah soulève également des inquiétudes humanitaires. Le port est un point névralgique pour l’acheminement de l’aide au Yémen, pays ravagé par dix ans de guerre civile et de crises humanitaires chroniques. Les frappes pourraient ainsi avoir des répercussions graves sur les civils, dans une région déjà très fragile.
Alors que les regards se tournent vers la visite imminente de Donald Trump dans la région, cette attaque souligne à quel point les fronts de la guerre au Moyen-Orient restent entremêlés et inflammables.