Avant de renvoyer les commissaires de la Commission d’assistance électorale cette semaine, la Maison-Blanche avait exploré des moyens de court-circuiter l’agence en recourant à des pouvoirs d’urgence, selon des sources proches du dossier.

Trump a cherché à contourner l’agence électorale fédérale avant de limoger ses membres
Trump a cherché à contourner l’agence électorale fédérale avant de limoger ses membres

Avant de renvoyer les commissaires de la Commission d’assistance électorale cette semaine, la Maison-Blanche avait exploré des moyens de court-circuiter l’agence en recourant à des pouvoirs d’urgence, selon des sources proches du dossier.

La Maison-Blanche avait envisagé l’an dernier d’utiliser des pouvoirs d’urgence pour imposer des changements aux systèmes de vote sans passer par la Commission d’assistance électorale (EAC), l’agence fédérale bipartisane chargée de superviser les élections américaines. Cette option, jamais mise en œuvre, avait été formulée par le Bureau du directeur du renseignement national, qui proposait de déclarer une urgence nationale et de créer une task force fédérale pour traiter de prétendues vulnérabilités dans les systèmes de vote.

Jeudi, Donald Trump a finalement choisi une autre voie : il a renvoyé les deux commissaires démocrates de l’EAC. Le seul commissaire républicain restant a aussitôt démissionné, un quatrième membre ayant déjà quitté ses fonctions en avril. L’agence reste techniquement opérationnelle, mais sans quorum, elle ne peut plus approuver de nouvelles mesures ni modifier les procédures électorales.

Plusieurs points de friction avaient alimenté les tensions entre l’administration Trump et l’EAC : un retard dans la mise à jour des directives destinées aux États sur les machines à voter, le refus d’intégrer une exigence de preuve de citoyenneté sur le formulaire national d’inscription postale, et plus généralement l’absence de réponse aux priorités électorales de l’administration. Des responsables du département de la Sécurité intérieure, du Bureau du directeur du renseignement national et de la Maison-Blanche avaient rencontré les dirigeants de la commission pour leur faire part de ces griefs, notamment des allégations de fraude lors de l’élection de 2020, pourtant largement réfutées.

La Maison-Blanche a justifié ces décisions vendredi en affirmant travailler à « protéger les élections contre la fraude et les abus » avant les élections de mi-mandat de novembre. Les experts estiment toutefois que ces limogeages n’auront pas d’impact concret sur le scrutin. Ils interviennent peu après une décision de la Cour suprême autorisant le président à révoquer des membres de conseils d’agences indépendantes sans avoir à en justifier les motifs.

Trump, qui continue d’affirmer à tort que l’élection de 2020 lui a été volée, cherche depuis plusieurs années à imposer des changements aux règles de vote à l’échelle nationale, en dépit du fait que la Constitution américaine confie aux États la compétence principale en matière électorale.

Du côté démocrate, la réaction a été vive. Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié ces renvois de « tentative éhontée de prendre le contrôle de nos élections avant qu’un seul vote ne soit exprimé lors des mi-mandats ». Créée en 2002 sous la présidence de George W. Bush, l’EAC distribue des subventions fédérales aux États, supervise les tests des systèmes de vote et gère le formulaire national d’inscription sur les listes électorales.

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