Tensions à Prague : le gouvernement tchèque exclut le président Pavel de la délégation au sommet de l’OTAN
Tensions à Prague : le gouvernement tchèque exclut le président Pavel de la délégation au sommet de l’OTAN

Le gouvernement tchèque a décidé lundi de ne pas inclure le président Petr Pavel dans la délégation nationale appelée à participer au prochain sommet de l’OTAN, une décision inhabituelle qui rompt avec une tradition bien établie et ouvre la voie à un possible affrontement institutionnel.

Cette exclusion concerne également un ancien haut commandant de l’Alliance atlantique, selon les informations rapportées. Le sommet de l’OTAN doit se tenir les 7 et 8 juillet à Ankara, en Turquie, dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires au sein de l’organisation.

Le président Petr Pavel, ancien responsable militaire de haut rang au sein de l’OTAN, a vivement réagi et menacé de contester cette décision devant la Cour constitutionnelle. Il estime que sa place au sein de la délégation tchèque devrait être maintenue, conformément aux usages diplomatiques du pays depuis son adhésion à l’Alliance en 1999.

De son côté, le Premier ministre Andrej Babiš, chef du parti populiste ANO, a défendu la décision du gouvernement. Il a souligné que la politique étrangère relevait de l’exécutif et a insisté sur la nécessité pour la République tchèque de défendre ses positions, notamment concernant ses dépenses de défense jugées insuffisantes.

La République tchèque n’a pas atteint l’an dernier l’objectif fixé par l’OTAN de consacrer au moins 2 % de son produit intérieur brut à la défense, un point de friction récurrent entre Prague et ses partenaires de l’Alliance.

Interrogé sur cette décision, Andrej Babiš a déclaré qu’il s’agissait d’un sommet « très spécifique » et a reconnu que la situation pourrait être diplomatiquement délicate pour le pays. Il a toutefois affirmé que le gouvernement assumait ses responsabilités dans la définition de la représentation tchèque.

Selon la Constitution tchèque, les prérogatives du président en matière de politique étrangère restent limitées et relèvent principalement du gouvernement. Toutefois, dans la pratique, les présidents ont généralement conduit la délégation tchèque aux sommets de l’OTAN depuis l’entrée du pays dans l’Alliance, ce qui rend cette décision particulièrement controversée.

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