La cour d’appel d’Alger a confirmé ce mardi 1er juillet la condamnation à cinq ans de prison de Boualem Sansal. L’écrivain franco-algérien, âgé de 80 ans et atteint d’un cancer, est accusé d’atteinte à l’unité nationale et de propos jugés hostiles à l’État. Pourtant, ses déclarations ont été faites en France, dans le cadre de ses écrits et entretiens. Ce verdict confirme ce que beaucoup redoutaient : un procès politique, orchestré par un régime algérien toujours plus autoritaire.
Un écrivain face à un pouvoir paranoïaque
Sansal n’a même pas pu être défendu correctement. L’un de ses avocats français n’a pas obtenu de visa, un autre a été écarté car jugé trop visible médiatiquement. Devant la cour, l’auteur du « Serment des Barbares » a défendu sa liberté de penser, dénonçant une justice d’État qui tente de criminaliser la littérature et la mémoire. Le procureur, lui, a fustigé son « ingratitude » envers l’Algérie, illustrant la logique répressive du pouvoir plus que la recherche de justice.
À Paris, ce verdict est reçu comme une gifle. La diplomatie française, qui avait pourtant tenté de calmer le jeu depuis des mois, espère désormais un sursaut d’humanité : une grâce présidentielle à l’occasion de la fête de l’indépendance, le 5 juillet. Mais rien n’est moins sûr. Alger semble jouer la tension permanente, alimentant une crise bilatérale qui dure depuis plus d’un an.
Le maintien en détention de Sansal, tout comme la récente condamnation à sept ans du journaliste Christophe Gleizes, montre une Algérie verrouillée, incapable de supporter la moindre voix libre. À force de criminaliser la critique et d’insulter les droits fondamentaux, le régime Tebboune se coupe un peu plus de ses partenaires et de son peuple.