Le marché immobilier français a amorcé en 2025 un net mouvement de reprise, tant en volume de transactions qu’en évolution des prix. C’est le principal enseignement du dernier baromètre national publié par Se Loger-Meilleurs Agents, qui dresse toutefois un constat plus nuancé sur l’état général du logement en France. Derrière les indicateurs repassés au vert, les déséquilibres structurels persistent et continuent de freiner l’accès au logement pour une partie croissante de la population. Sur douze mois, entre fin octobre 2024 et fin octobre 2025, environ 929 000 logements ont changé de mains. Cela représente une progression de 11 % par rapport à l’année précédente. Le niveau reste inférieur à celui d’un marché considéré comme fluide, généralement estimé autour d’un million de transactions annuelles, mais marque une amélioration sensible après la chute observée en 2023 et 2024. Cette reprise de l’activité s’explique notamment par la stabilisation des taux de crédit à partir du printemps 2025, après une période de forte tension sur le financement. La hausse des prix accompagne ce redémarrage. Tous les grands indicateurs géographiques repassent en territoire positif sur un an. Paris affiche une progression proche de 3 %, tout comme l’immobilier rural, tandis que les grandes agglomérations suivent une trajectoire plus modérée mais globalement haussière. Certaines métropoles enregistrent des augmentations supérieures à la moyenne, quand d’autres restent à la traîne. Nantes fait figure d’exception avec des prix encore orientés à la baisse, même si le recul est moins marqué que l’année précédente. Cette remontée des prix demeure néanmoins contenue. Les taux d’emprunt, stabilisés autour de 3,4 à 3,5 % selon la durée, restent plus élevés qu’espéré il y a un an et continuent de peser sur la solvabilité des ménages. La capacité d’achat progresse lentement, ce qui limite les emballements et contribue à une forme de normalisation du marché plutôt qu’à une véritable euphorie.
Une amélioration conjoncturelle sur fond de crise structurelle
Sur le marché locatif, la tension ne se relâche que partiellement. La hausse des loyers ralentit nettement en 2025, autour de 1,3 % sur l’année, contre près de 3 % l’année précédente. Ce tassement s’explique en partie par le retour progressif de certains ménages vers l’achat, mais la pénurie de biens à louer reste aiguë dans les zones tendues. À Paris, l’offre locative demeure très inférieure à son niveau d’avant la crise sanitaire, ce qui entretient une pression durable sur les candidats à la location. Pour 2026, les projections tablent sur une poursuite de cette dynamique, avec un volume de ventes qui pourrait approcher les 980 000 transactions et une hausse des prix comprise entre 2 et 3 %, sous réserve de l’absence de choc macroéconomique majeur. Les taux de crédit devraient, quant à eux, rester proches de leurs niveaux actuels. Ce scénario plus favorable ne fait cependant pas disparaître les fragilités de fond. Le baromètre insiste sur l’existence d’une crise du logement qualifiée de “profonde”, marquée par des difficultés d’accès persistantes, un manque de mobilité résidentielle et une inadéquation entre l’offre et les besoins, notamment dans les grandes zones urbaines. À ces contraintes s’ajoute un climat d’incertitude politique et réglementaire, qui continue de peser sur la capacité des ménages à se projeter et sur les décisions d’investissement. Autrement dit, si 2025 marque une sortie progressive de la phase la plus aiguë de la crise immobilière, elle ne signe pas pour autant un retour à la normale. Le marché redémarre, mais sur des bases fragiles, dans un contexte où les tensions structurelles du logement restent largement irrésolues.