Trump accueillera le président syrien Sharaa à la Maison-Blanche, marquant un tournant historique pour Damas (AP)
Trump accueillera le président syrien Sharaa à la Maison-Blanche, marquant un tournant historique pour Damas (AP)

Le président américain Donald Trump recevra lundi à la Maison-Blanche le président syrien Ahmed al-Charia, dit Sharaa, pour une rencontre sans précédent qui symbolise le spectaculaire rapprochement entre Washington et Damas après plus d’une décennie d’isolement international.

Ce sera la première fois qu’un chef d’État syrien se rend officiellement à la Maison-Blanche. La visite survient six mois après une première entrevue entre les deux dirigeants en Arabie saoudite, et seulement quelques jours après que les États-Unis ont retiré Sharaa de leur liste des « terroristes mondiaux spécialement désignés ».

Âgé de 42 ans, Sharaa a pris le pouvoir en décembre 2024 après une offensive fulgurante de ses combattants depuis le nord-ouest de la Syrie, qui a renversé le régime de Bachar al-Assad. Ancien membre d’Al-Qaïda devenu chef d’État, il s’efforce depuis de repositionner la Syrie sur la scène internationale, en s’éloignant de l’influence de l’Iran et de la Russie pour se rapprocher de la Turquie, des pays du Golfe et désormais des États-Unis.

La sécurité régionale sera au cœur des discussions de lundi. Washington joue actuellement un rôle de médiateur dans des pourparlers entre la Syrie et Israël autour d’un possible pacte de sécurité, et envisagerait d’établir une présence militaire permanente sur une base aérienne à Damas. La Syrie pourrait également rejoindre officiellement la coalition dirigée par les États-Unis contre l’État islamique, une annonce attendue lors de la rencontre.

Donald Trump a salué le « leadership fort » de son homologue syrien, déclarant : « Je pense qu’il fait du très bon travail. C’est un quartier difficile, et c’est un homme dur, mais je m’entends très bien avec lui. »

Reste un obstacle majeur : la loi César, adoptée en 2019, qui impose des sanctions sévères au régime syrien et à ses alliés. Son abrogation nécessite un vote du Congrès, et la paralysie actuelle des institutions fédérales pourrait retarder le processus. Sharaa compte plaider pour la levée de ces sanctions afin d’attirer des investissements étrangers indispensables à la reconstruction d’un pays dévasté par 14 années de guerre.

Selon la Banque mondiale, la reconstruction de la Syrie pourrait coûter plus de 200 milliards de dollars. Le pays reste fragilisé par des tensions internes : des violences communautaires ont fait plus de 2 500 morts depuis la chute d’Assad, mettant à l’épreuve la promesse de Sharaa de gouverner pour tous les Syriens.

Le parcours de Sharaa est emblématique des bouleversements syriens. Ancien combattant islamiste, il avait été emprisonné par les Américains en Irak dans les années 2000 avant de devenir une figure centrale de la rébellion syrienne. Connu autrefois sous le nom d’Abu Mohammad al-Golani, il avait été visé par une prime de 10 millions de dollars et inscrit sur la liste noire de l’ONU avant de rompre avec Al-Qaïda en 2016.

Ces dernières semaines, les Nations unies, les États-Unis et le Royaume-Uni ont levé leurs sanctions à son encontre, ouvrant la voie à ce rapprochement inédit.

« La visite de Sharaa à Washington illustre un basculement historique : la Syrie passe du statut de vassal iranien à celui de partenaire du bloc occidental », analyse Firas Maksad, directeur Moyen-Orient du groupe Eurasia à New York. « Il reste des incertitudes, notamment sur la question des droits humains et des minorités, mais cette visite marque un moment d’espoir qui pourrait redéfinir l’avenir du Moyen-Orient. »

Que retenir rapidement ?

Le président américain Donald Trump recevra lundi à la Maison-Blanche le président syrien Ahmed al-Charia, dit Sharaa, pour une rencontre sans précédent qu

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