Le gouvernement japonais a vivement protesté contre la décision de la Russie d’étendre son interdiction d’entrée à 30 citoyens supplémentaires du Japon, une mesure prise en représailles aux sanctions imposées par Tokyo en raison de la guerre en Ukraine. Le secrétaire général du Cabinet, Minoru Kihara, a qualifié cette décision d’« absolument inacceptable » et de « regrettable », tout en réaffirmant l’importance de maintenir des échanges entre les peuples des deux nations malgré les tensions.
Le ministère russe des Affaires étrangères a publié mardi une liste actualisée de ressortissants japonais désormais interdits de séjour « indéfiniment » sur le territoire russe. Parmi les nouvelles personnes visées figurent le porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères, Toshihiro Kitamura, ainsi que plusieurs journalistes et universitaires. Tokyo estime que cette décision s’inscrit dans une logique de représailles diplomatiques, Moscou cherchant à répondre aux sanctions économiques et politiques renforcées par le Japon.
En septembre, Tokyo avait en effet rejoint ses partenaires occidentaux en élargissant son régime de sanctions contre des entreprises, des responsables et des entités russes, tout en abaissant le plafond des importations de pétrole brut transporté par voie maritime depuis la Russie. Ces mesures s’ajoutent à celles déjà en place depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par Moscou, il y a près de quatre ans.
Lors de sa conférence de presse, Minoru Kihara a accusé la Russie de « se défausser de la responsabilité de son agression contre l’Ukraine » en visant des citoyens japonais, tout en précisant que le Japon continuerait d’agir « pour instaurer la paix tout en préservant ses intérêts nationaux ».
Malgré ce durcissement diplomatique, Tokyo continue d’importer de l’énergie depuis l’île russe de Sakhaline, située dans l’extrême Est, un projet auquel participent encore des entreprises japonaises. Les États-Unis ont pourtant exhorté leurs alliés à rompre leurs liens énergétiques avec Moscou afin d’accroître la pression économique sur le Kremlin. Interrogé sur les éventuelles répercussions d’une interdiction britannique d’assurer le transport du gaz russe, Kihara s’est abstenu de tout commentaire.
Cette nouvelle escalade entre Moscou et Tokyo illustre la détérioration progressive de leurs relations, déjà fragilisées par la guerre en Ukraine et les différends territoriaux de longue date concernant les îles Kouriles. Alors que la Russie poursuit ses mesures de rétorsion contre les États qui la sanctionnent, le Japon cherche à maintenir un équilibre entre solidarité internationale et protection de ses intérêts énergétiques stratégiques.