Les opposants biélorusses libérés assument leurs actes et disent ne rien regretter (AP)
Les opposants biélorusses libérés assument leurs actes et disent ne rien regretter (AP)

Deux figures majeures de l’opposition biélorusse, récemment libérées par les autorités de Minsk dans le cadre d’un accord négocié avec les États-Unis, ont affirmé dimanche ne rien regretter des actions qui les ont conduites en prison.

Maria Kalesnikava, 43 ans, a été l’une des principales figures des manifestations massives de 2020, déclenchées après l’élection présidentielle largement contestée d’Alexandre Loukachenko. L’opposition accusait alors le chef de l’État d’avoir truqué sa réélection pour un sixième mandat, des accusations rejetées par le pouvoir, qui avait répondu par une répression policière de grande ampleur.

S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue en Ukraine dans un lieu tenu secret, au lendemain de sa libération, Kalesnikava a déclaré qu’elle n’éprouvait aucun remords. « Non, je ne regrette rien. Je crois qu’il y a des moments où certaines questions se posent, des questions difficiles, et où il faut faire des choix difficiles », a-t-elle affirmé, selon le média d’opposition biélorusse Nasha Niva.

Elle faisait partie d’un groupe de prisonniers libérés dimanche et autorisés à s’adresser à la presse. Au total, 123 personnes ont été remises en liberté par le Bélarus : 114 ont été transférées en Ukraine et neuf en Lituanie, selon les autorités ukrainiennes. Parmi elles figuraient des prisonniers politiques biélorusses ainsi que des citoyens ukrainiens accusés par Minsk de collaborer avec les services de renseignement de Kiev.

Aux côtés de Kalesnikava se trouvait notamment Viktor Babaryko, autre figure emblématique de l’opposition, lui aussi incarcéré après avoir défié Loukachenko lors de la présidentielle de 2020. Leur libération intervient alors que le Bélarus reste étroitement aligné sur la Russie, dans un contexte de guerre en Ukraine et de pressions diplomatiques accrues.

Les déclarations des opposants libérés soulignent la persistance de la contestation politique biélorusse, malgré des années de répression. Elles mettent également en lumière la dimension internationale des négociations ayant permis ces libérations, alors que de nombreux opposants demeurent encore emprisonnés dans le pays.

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