Le nouveau président du Pérou, José Jeri, s’est attelé vendredi à la formation de son gouvernement, dans l’espoir de rétablir la stabilité politique et d’apaiser une population exaspérée par la montée de la criminalité et de la corruption, à moins d’un an des élections générales prévues en 2026.
Selon deux sources proches de la présidence citées par Reuters, Jeri, âgé de 38 ans, travaille à la constitution d’un cabinet de 19 membres, composé de personnalités capables de favoriser un consensus national après des mois d’instabilité politique. L’enjeu est de taille pour ce jeune dirigeant, propulsé à la tête de l’État après la destitution de Dina Boluarte, accusée d’« incapacité morale » par le Congrès.
La chute de Boluarte, survenue à la suite d’une session nocturne du Parlement, a été précipitée par une vague de manifestations massives dénonçant l’insécurité, les extorsions et une explosion des homicides dans plusieurs régions du pays.
Face à cette colère populaire, José Jeri a promis de faire de la lutte contre le crime organisé une priorité nationale, tout en s’engageant à restaurer la confiance dans les institutions. « Nous devons rendre espoir au peuple péruvien. Le pays réclame un État juste, transparent et ferme contre la corruption », a-t-il déclaré lors de sa prise de fonction.
Depuis plusieurs années, le Pérou est secoué par une instabilité politique chronique, marquée par la succession de plusieurs présidents destitués ou poursuivis pour corruption. L’arrivée au pouvoir de Jeri est perçue comme un test décisif pour savoir si le pays parviendra à éviter un nouvel effondrement institutionnel avant la prochaine élection présidentielle.