Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, entame ce jeudi une visite officielle à Pékin, devenant ainsi le premier membre du gouvernement actuel à se rendre en Chine. Ce déplacement intervient dans un contexte de tensions économiques croissantes entre l’Europe et la deuxième puissance mondiale, notamment autour des semi-conducteurs, des terres rares et de la dépendance industrielle allemande vis-à-vis du marché chinois.
Selon des sources diplomatiques citées par Reuters, Wadephul entend plaider pour un assouplissement des restrictions chinoises à l’exportation de composants technologiques stratégiques, en particulier les semi-conducteurs et les métaux critiques utilisés dans les batteries et les équipements électroniques. Berlin, dont l’économie repose largement sur l’industrie automobile et la haute technologie, redoute que ces restrictions ne pèsent lourdement sur sa compétitivité et sur les chaînes d’approvisionnement européennes.
Le ministre devrait également insister sur la nécessité de maintenir des relations commerciales stables et « prévisibles », tout en rappelant la position de l’Allemagne en faveur d’un commerce fondé sur des règles équitables. Cette démarche s’inscrit dans la nouvelle stratégie chinoise du gouvernement allemand, adoptée en 2023, qui cherche à réduire la dépendance économique envers Pékin sans rompre le dialogue.
Outre les questions économiques, les discussions porteront sur la guerre en Ukraine et sur l’influence de la Chine vis-à-vis de la Russie. Berlin espère encourager Pékin à jouer un rôle plus actif dans la recherche d’une solution diplomatique, à un moment où les liens économiques sino-russes se renforcent malgré les sanctions occidentales.
Ce voyage marque une tentative de rééquilibrage de la politique allemande : entre la volonté de défendre ses intérêts industriels et la nécessité de se positionner fermement face aux pratiques commerciales jugées coercitives de la Chine. Pour Johann Wadephul, la mission consiste à rouvrir un canal de confiance sans céder sur les principes européens un exercice d’équilibriste entre pragmatisme économique et fermeté géopolitique.