Le Kirghizistan a exprimé vendredi sa désapprobation face à l’inclusion de plusieurs de ses institutions financières dans le dernier paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, estimant qu’il s’agit d’une « pression unilatérale » injustifiée sur son système bancaire. Le gouvernement de Bichkek a exhorté Bruxelles à privilégier le dialogue et la transparence plutôt que les mesures coercitives.
Dans un communiqué officiel, le ministère kirghize des Affaires étrangères a déclaré que le pays « respecte strictement ses obligations internationales » et qu’il reste engagé dans un dialogue ouvert et constructif avec ses partenaires européens pour éviter tout risque de contournement des sanctions occidentales imposées à Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine.
Le Kirghizistan, membre de l’Union économique eurasiatique (UEEA) dominée par la Russie, entretient des liens économiques et financiers étroits avec son voisin. Ces relations ont conduit plusieurs institutions kirghizes à être suspectées d’avoir facilité le transit de marchandises et de capitaux russes soumis à embargo. Les autorités européennes ont ainsi décidé d’ajouter plusieurs banques et entreprises kirghizes à leur 19ᵉ liste de sanctions adoptée cette semaine.
Le gouvernement de Bichkek a cependant rejeté ces accusations, affirmant qu’il coopère déjà activement avec les partenaires occidentaux pour renforcer le contrôle de ses transactions internationales. Il a proposé à l’Union européenne de mandater un audit indépendant afin de prouver la conformité de son système financier et de restaurer la confiance mutuelle.
Cette réaction intervient dans un contexte régional délicat : plusieurs pays d’Asie centrale, dont le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, sont également sous pression des puissances occidentales pour empêcher le contournement des sanctions contre la Russie, tout en cherchant à préserver leurs propres intérêts économiques.
Pour le Kirghizistan, qui dépend fortement du commerce et des transferts de fonds avec la Russie, la situation place le pays dans une position diplomatique précaire, entre loyauté à Moscou et volonté de ne pas rompre avec l’Occident. Bruxelles n’a pas encore répondu officiellement à la demande d’audit formulée par Bichkek.