La guérilla de l’ELN se dit prête à reprendre les négociations de paix en Colombie (AP)
La guérilla de l’ELN se dit prête à reprendre les négociations de paix en Colombie (AP)

Le chef de l’Armée de libération nationale (ELN), Antonio Garcia, a déclaré que la guérilla colombienne était disposée à reprendre les négociations de paix avec le gouvernement en place ou avec celui qui sera élu l’année prochaine, à condition que les engagements conclus lors des cycles précédents soient respectés. Dans un entretien exclusif, Garcia a affirmé que l’organisation restait ouverte au dialogue malgré les tensions récentes.

Le président Gustavo Petro avait suspendu les pourparlers après une série de violences attribuées à l’ELN, estimant que la guérilla avait rompu les conditions nécessaires pour poursuivre le processus de paix. Ces attaques avaient également suscité des critiques internes fortes à l’encontre de Petro, dont l’ambitieux programme de « paix totale » avait pour objectif d’intégrer tous les groupes armés dans un cadre de négociations.

Malgré cette suspension, le président colombien a déclaré ces derniers jours qu’il restait prêt à reprendre les discussions si l’ELN montrait un engagement crédible. Antonio Garcia a assuré que la guérilla n’avait jamais rompu le dialogue par volonté propre, accusant l’État de ne pas avoir respecté certains accords préalables. Il a rappelé que l’ELN avait participé à plusieurs cycles de pourparlers sous médiation internationale, notamment au Venezuela, et qu’elle souhaitait que ces engagements soient honorés pour garantir un climat de confiance.

L’ELN, dernier groupe de guérilla d’envergure encore actif en Colombie, compte plusieurs milliers de combattants et exerce une influence significative dans des zones rurales stratégiques, notamment près de la frontière avec le Venezuela. Sa participation à un processus de paix est considérée comme essentielle pour réduire la violence persistante dans le pays.

La possibilité d’une reprise des négociations intervient alors que la Colombie se prépare à une année électorale incertaine, et que de nombreux acteurs politiques débattent de la viabilité des démarches de paix menées jusqu’ici. Pour certains observateurs, un engagement clair de l’ELN pourrait offrir un rare signal de stabilité dans un climat politique tendu, même si les obstacles restent nombreux.

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