Le bloc ouest-africain de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rejeté le programme de transition annoncé par les dirigeants militaires de Guinée-Bissau, exigeant un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Réunis en sommet, les chefs d’État de la région ont averti qu’ils pourraient imposer des sanctions ciblées à l’encontre de ceux qui entravent le processus.
Des officiers de l’armée, se présentant comme le Haut Commandement Militaire, ont renversé le président Umaro Sissoco Embalo le 26 novembre. Le lendemain, ils ont installé le major-général Horta Inta-a à la tête du pays en tant que président par intérim, annonçant par la suite un plan de transition qui n’a pas convaincu les dirigeants régionaux.
La CEDEAO a estimé que la feuille de route proposée ne répondait pas aux exigences d’un retour crédible à la légalité constitutionnelle. Elle a appelé à une transition courte et inclusive, assortie d’un calendrier clair, afin de restaurer des institutions civiles élues et de garantir la stabilité politique.
Les chefs d’État ont également demandé la libération immédiate de tous les détenus politiques, y compris les figures de l’opposition, soulignant que le respect des libertés fondamentales était une condition essentielle à toute transition acceptable.
Ce putsch est le neuvième enregistré en Afrique de l’Ouest et centrale en l’espace de cinq ans, un chiffre qui alimente les inquiétudes sur le recul démocratique dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et les crises politiques répétées. La CEDEAO craint que cette dynamique n’aggrave l’instabilité et ne compromette les efforts de coopération régionale.
Face à cette situation, l’organisation régionale a réaffirmé sa détermination à défendre l’ordre constitutionnel et la gouvernance démocratique. Elle a averti que des mesures coercitives pourraient être prises rapidement si les autorités militaires de Guinée-Bissau ne se conforment pas à ses exigences.