Le Parlement israélien a approuvé lundi soir, en première lecture, un projet de loi visant à instaurer la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables d’avoir tué des citoyens israéliens. Le texte, porté par le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a été adopté par 39 voix contre 16 lors d’un vote auquel plusieurs partis ont refusé de participer.
Ben-Gvir, figure controversée du gouvernement de coalition, a salué ce premier vote comme une victoire politique et idéologique, estimant que la mesure renforcerait la dissuasion contre le « terrorisme arabe ». « Une fois la loi définitivement adoptée, les terroristes ne seront envoyés qu’en enfer », a-t-il déclaré après le scrutin.
Le projet de loi doit encore être examiné par une commission parlementaire avant de revenir pour trois autres votes à la Knesset. Son adoption finale reste incertaine, plusieurs formations, dont celle du chef de l’opposition Yaïr Lapid, s’y opposant fermement. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a qualifié cette initiative de « crime politique, juridique et humanitaire », tandis que le Hamas a dénoncé une « loi raciste » violant le droit international.
Israël n’a pas appliqué la peine de mort depuis 1962, date de l’exécution d’Adolf Eichmann, criminel de guerre nazi. Le texte proposé par Ben-Gvir marquerait un tournant historique dans la politique pénale israélienne, en rompant avec plus de 70 ans d’interdiction de la peine capitale pour meurtre.
Le ministre justifie cette réforme par la nécessité de prévenir des attaques similaires à celle du Hamas contre le sud d’Israël en octobre 2023, qui avait fait près de 1 200 morts et conduit à la prise d’otages massives à Gaza. Il soutient également que la mesure mettrait fin aux futurs accords de libération de prisonniers, comme celui de 2011 ayant permis la remise en liberté de Yahya Sinwar, aujourd’hui chef du Hamas.
Ce vote intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales en Israël, alors que les divisions au sein du gouvernement et de la société sur la gestion du conflit avec les Palestiniens restent vives.