Microsoft va créer un double numérique de Notre-Dame pour l’État français
 Microsoft va créer un double numérique de Notre-Dame pour l’État français

La firme américaine s’associe à la France pour modéliser la cathédrale dans les moindres détails. Objectif : préserver le monument, enrichir les données culturelles et entraîner ses intelligences artificielles.

Une Notre-Dame virtuelle offerte à la France

Cinq ans après l’incendie qui a ravagé sa toiture, Notre-Dame de Paris va connaître une nouvelle transformation, cette fois dans le monde numérique. Microsoft a annoncé, lundi 21 juillet, le lancement d’un ambitieux projet de numérisation intégrale de la cathédrale, mené avec la start-up française Iconem et en partenariat avec le ministère de la Culture. Selon France Inter, la convention a été signée à Paris entre Brad Smith, président de Microsoft, et la ministre Rachida Dati.

La cathédrale, rouverte au public en décembre 2024, sera reproduite numériquement “au pixel près”, dans son état de 2025. Ce double virtuel permettra des visites immersives à distance, tout en servant d’outil de référence pour les chercheurs, restaurateurs et conservateurs du patrimoine. Pour Brad Smith, cité par Le Point, “si la cathédrale avait eu un double numérique avant l’incendie, sa reconstruction aurait été plus facile”.

Ce projet, dont le coût est estimé à plusieurs millions de dollars, prendra entre un an et deux ans. Il s’inscrit dans la lignée de précédents projets menés par Microsoft, comme les numérisations du Mont-Saint-Michel ou de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Une opération culturelle… et stratégique

Microsoft présente cette initiative comme un “cadeau à l’État français”, mais elle poursuit aussi des objectifs bien plus larges. En enrichissant ses bases de données avec des contenus issus du patrimoine européen, la multinationale entend diversifier l’entraînement de ses intelligences artificielles, trop largement basées sur des sources anglophones. Comme le note France Inter, l’entreprise espère ainsi renforcer sa capacité à concevoir des IA multilingues, plus adaptées aux langues régionales et européennes.

Cette stratégie se concrétise aussi par l’ouverture prochaine, à Strasbourg, d’un centre d’innovation en partenariat avec le laboratoire ICube. Microsoft y financera des recherches sur l’imagerie et la modélisation à hauteur d’un million de dollars. En parallèle, elle prévoit de collaborer avec des bibliothèques et institutions pour numériser des documents dans des langues peu représentées, comme l’estonien ou le maltais.

Derrière la sauvegarde du patrimoine et la promotion de la diversité culturelle, Microsoft vise aussi à conforter sa présence sur un marché de la traduction automatique estimé à 50 milliards de dollars. Une Notre-Dame virtuelle, donc, mais bien ancrée dans les enjeux technologiques et économiques du XXIe siècle.

Partager