Le nombre de victimes de mines antipersonnel et d’engins explosifs improvisés a atteint un niveau inédit depuis 2020, avec plus de 6 000 incidents recensés au cours de l’année écoulée. La grande majorité des victimes sont des civils, selon un rapport d’experts alertant sur une détérioration alarmante de la situation mondiale.
Cette hausse est attribuée en partie au retrait récent de plusieurs pays du traité international interdisant l’utilisation des mines antipersonnel. Certains États européens invoquent des menaces sécuritaires accrues, notamment liées à la pression militaire russe, pour justifier cette décision. Les organisations humanitaires dénoncent toutefois un recul dangereux qui risque de prolonger les souffrances dans des zones déjà affectées par les conflits.
Le rapport souligne également une baisse significative des financements internationaux destinés au déminage et à l’aide aux victimes. Cette diminution complique les opérations sur le terrain, ralentit les programmes de destruction des stocks et limite l’accès à la réadaptation médicale pour les survivants.
Dans certaines régions, notamment en Asie et en Afrique, les populations continuent de vivre au quotidien avec la menace invisible des mines abandonnées. Les incidents signalés incluent des explosions dans des zones agricoles, des routes rurales ou près d’anciennes lignes de front, empêchant le retour des communautés déplacées et entravant la reconstruction économique.
Les organisations internationales appellent à un réengagement politique et financier urgent afin de contenir cette hausse et de renforcer la protection des civils. Elles rappellent que les mines antipersonnel demeurent parmi les armes les plus indiscriminées et persistantes, avec des conséquences qui peuvent s’étendre sur plusieurs générations.