JAMMU – Après plusieurs jours passés dans des abris de fortune ou chez des proches, les habitants des zones frontalières entre l’Inde et le Pakistan hésitent à regagner leurs villages, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu conclu samedi entre les deux puissances nucléaires. Le calme apparent ne suffit pas à rassurer des populations encore traumatisées par des jours de bombardements intenses.
Les combats, les plus violents depuis près de trente ans, ont vu les deux pays échanger missiles et frappes de drones sur leurs installations militaires, causant la mort d’environ 70 personnes. Sous pression diplomatique, notamment des États-Unis, un accord de trêve a été annoncé, mais des explosions ont été signalées quelques heures plus tard dans plusieurs localités frontalières, remettant en cause la solidité de l’engagement.
Les autorités des deux côtés ont lancé un appel urgent aux populations déplacées, leur demandant de ne pas retourner dans les villages proches de la ligne de contrôle (LoC), où des munitions non explosées représentent encore un danger mortel. « Ne retournez pas dans les villages situés en première ligne. Des vies sont en danger », a alerté la police dans un communiqué publié au Cachemire indien.
Dans les villes indiennes de Jammu et Amritsar, l’atmosphère reste tendue : de nombreux commerces sont restés fermés dimanche et les habitants ont préféré rester à l’intérieur. Asha Devi, 22 ans, ouvrière agricole originaire d’Akhnoor, a déclaré ne plus vouloir revenir dans cette région à risques : « Je veux retourner dans mon village du Bihar. Je ne veux pas y retourner et mourir. »
Même réticence au Pakistan, dans la vallée de Neelum, où les habitants déplacés doivent attendre au moins jusqu’à lundi midi avant d’envisager un retour. « Beaucoup d’entre eux attendent de voir comment la situation évolue », a confié un responsable local.
Alors que les gouvernements indiens et pakistanais affirment vouloir éviter une nouvelle escalade, la confiance reste fragile sur le terrain. Pour les populations civiles prises entre deux feux, la prudence reste la seule option.