Haïti traverse une crise sécuritaire sans précédent, marquée par une explosion de la violence liée aux gangs armés. Selon un rapport alarmant publié vendredi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), près de 5 000 personnes ont été tuées dans le pays depuis octobre 2024. Cette flambée de violences a aussi provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, essentiellement dans la région de la capitale, Port-au-Prince.
Le rapport de l’ONU dresse un tableau particulièrement sombre de la situation haïtienne. Il souligne que les gangs ont étendu leur emprise sur des zones de plus en plus vastes, multipliant les actes de violence extrême : exécutions sommaires, viols collectifs, enlèvements, pillages et incendies de quartiers entiers. Cette violence s’exerce tant sur la population que sur les structures de l’État, aggravant le chaos déjà profond dans lequel le pays est plongé.
Les habitants de Port-au-Prince vivent dans la terreur quotidienne. Beaucoup ont été forcés de fuir leur domicile pour échapper aux affrontements entre groupes rivaux ou aux attaques ciblées contre les civils. La capitale est aujourd’hui fragmentée, certaines zones échappant totalement au contrôle des autorités. Les déplacés internes vivent dans des conditions précaires, sans accès suffisant à la nourriture, aux soins médicaux ni à l’eau potable.
Les manifestations populaires se multiplient, témoignant d’un ras-le-bol général face à l’insécurité et à l’impuissance des autorités. Lors d’un récent rassemblement à Port-au-Prince, une manifestante portait une pancarte en créole haïtien sur laquelle on pouvait lire : « Les drones sont pour le peuple, pas contre le peuple ». Ce slogan illustre la défiance croissante envers les forces de sécurité, accusées par certains de ne pas protéger la population, voire de complicité avec certains groupes armés.
Face à cette situation critique, la communauté internationale peine à apporter une réponse efficace. Si plusieurs pays ont exprimé leur inquiétude, les initiatives concrètes restent rares ou insuffisantes. Le HCDH appelle à une action urgente pour soutenir la restauration de l’État de droit, la sécurité des populations civiles et le déploiement d’une assistance humanitaire massive.
Haïti, déjà frappé par des crises politiques chroniques, des catastrophes naturelles et une pauvreté endémique, semble sombrer dans une spirale incontrôlable. Le rapport onusien sonne comme un signal d’alarme : sans intervention rapide et coordonnée, le pays risque de s’enfoncer durablement dans une guerre de gangs à ciel ouvert.